La préfecture de Martinique a détaillé le 17 septembre le barème des aides d'urgence aux exploitants antillais touchés par la sécheresse, alors que la FNSEA avait alerté la ministre des Outre-mer sur la gravité de la situation agricole ultramarine.
Le directeur de la DAAF de Martinique a présidé, jeudi 17 septembre, un comité départemental exceptionnel sécheresse consacré au plan « Climat, Adaptation, Sécheresse, Incendies » (CASI), annoncé le 4 septembre par la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard. Son fonds de réarmement agricole, doté de 10 millions d'euros pour la Martinique, la Guadeloupe, Saint-Barthélemy et Saint-Martin, versera des aides forfaitaires de 300 à 10 000 euros par exploitation. Le 10 septembre, la FNSEA et les élus des FDSEA de Mayotte, de La Réunion et de Martinique avaient été reçus par la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou. Le syndicat juge la situation agricole « grave ».
Selon la préfecture, ces aides en trésorerie doivent couvrir les frais de remise en culture et d'entretien du bétail, et « éviter que des exploitants abandonnent le métier ». Un barème commun aux quatre territoires a été retenu : 150 euros par bovin adulte, 15 euros par petit ruminant adulte, 80 euros par ruche, 1 000 euros par hectare pour les productions maraîchères, vivrières et fruitières, 100 euros par hectare pour la banane comme pour la canne. Les autres filières seront examinées au cas par cas.
Une majoration pour les jeunes exploitants
Les montants pourront être majorés de 20 % pour les exploitations créées après janvier 2022 et pour les agriculteurs suivis par la cellule de prévention du mal-être agricole. Les demandeurs devront avoir le statut d'actif agricole, disposer d'un SIRET actif, cotiser à la MSA et avoir effectué leur déclaration fiscale. Les modalités de dépôt seront publiées sur le site de la DAAF et sur la plateforme Mes Démarches Numériques.
Le plan prévoit aussi un dégrèvement de taxe foncière sur les propriétés non bâties, une prise en charge renforcée des cotisations sociales pour les exploitants en difficulté et la prolongation en octobre de l'aide au carburant agricole (15 centimes par litre de GNR). La demande de reconnaissance de calamité agricole au titre du fonds de secours outre-mer doit être finalisée fin septembre.
Une exigence d'équité
Pour la FNSEA, la situation « menace la pérennité de nombreuses exploitations ». Le syndicat a demandé à la ministre de « déployer rapidement le plan CASI, notamment dans les Antilles », d'adapter les dispositifs nationaux aux réalités ultramarines et de maintenir le POSEI dans la future politique agricole commune. Naïma Moutchou s'est engagée, selon la FNSEA, « à apporter des réponses sur plusieurs de ces dossiers prioritaires ». Le syndicat réclame que les réponses avancent « avec la même urgence et la même exigence d'équité » que dans l'Hexagone. « Les agriculteurs ultramarins doivent pouvoir compter sur l'État », a écrit la ministre sur X.
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