Réunis en Guadeloupe pour leur 30e conférence, les présidents des régions ultrapériphériques françaises ont demandé à la ministre des Outre-mer de défendre une position commune sur les aides européennes, POSEI en tête.
Des ports, des aides agricoles, un budget européen pour 2028-2034 et trente et un ans d’histoire : la 30e Conférence des présidents des régions ultrapériphériques (CPRUP) s’achève ce vendredi 6 novembre en Guadeloupe par une session consacrée au futur cadre financier pluriannuel (CFP) de l’Union. La veille, les présidents des RUP françaises s’étaient entretenus avec la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, pour qu’elle puisse porter « une voix commune pour l’ensemble des RUP françaises », selon la Région Guadeloupe. Ils avaient trouvé « une ministre à l’écoute, globalement en accord avec leurs positions ». Il restait à « rapprocher les positions françaises de celles de l’Espagne et du Portugal », précisait la Région, dont le président, Ary Chalus, espérait « préserver les enveloppes indispensables au développement économique de la Guadeloupe ».
Le POSEI menacé
Le POSEI, programme d’aides agricoles propre aux RUP, mobilise 653 millions d’euros par an, dont 278,4 millions pour la France, sur la période 2021-2027, selon un rapport du Sénat de février 2026. Dans sa proposition de juillet 2025, la Commission européenne le supprime en tant que ligne budgétaire et règlement propre, au profit de plans de partenariat nationaux et régionaux. Fin avril, le Parlement européen s’est prononcé pour le rétablissement d’une ligne dédiée et le doublement de l’enveloppe. Les négociations se poursuivent. « Beaucoup de l’avenir des territoires ultramarins, dont la Guadeloupe se joue à Bruxelles », a résumé Naïma Moutchou, citée par Karib’Info.
Le sujet reste sensible localement : jeudi, des représentants des Jeunes Agriculteurs ont quitté une séance au Raizet, dénonçant des fonds bloqués depuis quatre ans, rapporte Karib’Info.
Retour aux sources
La conférence revient là où elle est née : à Gourbeyre, le 31 mars 1995, sous le slogan « Nos différences se ressemblent et nous rassemblent ». Les neuf RUP (six françaises, les Canaries, les Açores et Madère) y portent les intérêts de plus de 5 millions d’Européens : des règles adaptées à leurs réalités, des fonds garantis de 2028 à 2034 et davantage de possibilités pour les jeunes de se former et de travailler au pays. Mercredi, les travaux de l’Association des ports des RUP s’étaient tenus au Grand Port maritime, avant une rencontre avec des députés européens.
Le rendez-vous se tient dans un contexte nouveau : le 10 septembre, la Commission a adopté une nouvelle vision stratégique pour les RUP et proposé de prolonger l’octroi de mer jusqu’en 2030. Son vice-président exécutif chargé de la cohésion, Raffaele Fitto, ouvre ce vendredi le sommet géopolitique de la conférence. Ary Chalus, président de la CPRUP depuis avril 2025, doit céder la présidence à Miguel Albuquerque, président du gouvernement régional de Madère.
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