L’UDE-Medef et les Entrepreneurs de Guadeloupe reprochent à Naïma Moutchou d’avoir oublié les entreprises sinistrées et de s’être engagée à recevoir le collectif à l’origine des blocages.
« Une prime au blocage et une gifle aux victimes » : c’est ainsi que l’UDE-Medef Guadeloupe et Les Entrepreneurs de Guadeloupe qualifient, dans un communiqué publié jeudi 5 novembre à Baie-Mahault, l’éventuelle réception par la ministre des Outre-mer de membres du collectif Nou Las Palé. Les deux organisations patronales dénoncent « l’indifférence ministérielle » envers les entreprises pillées et incendiées, qui n’ont eu droit, selon elles, à « aucune attention » dans le programme de la visite de Naïma Moutchou, en Guadeloupe du 4 au 6 novembre.
Une visite sous tension
Le communiqué évoque « 17 jours de blocages ». Le collectif Nou Las Palé érige des barrages depuis le 14 octobre pour dénoncer les coupures d’eau, la vie chère et le prix des carburants. Dans la nuit du 18 au 19 octobre, plusieurs commerces avaient été pillés, notamment aux Abymes et à Pointe-à-Pitre, rapporte Guadeloupe La 1ère. Le préfet, Thierry Devimeux, refusait de recevoir le collectif et condamnait ses méthodes.
La veille de son arrivée, la ministre avait annoncé vouloir parler « des coupures d’eau, de la lutte contre les armes et contre le narcotrafic, de l’emploi et de l’avenir » avec « les élus, les forces de l’ordre, les entrepreneurs et les jeunes ». Jeudi matin, le collectif bloquait à nouveau l’accès au port de Jarry pour réclamer une audience. Quelques heures plus tard, à l’hôtel de ville de Pointe-à-Pitre, où une rencontre avec des commerçants était prévue, la ministre s’est retrouvée face à certains de ses membres. « S’il y a besoin de se voir, on peut se voir », leur a-t-elle répondu, selon Guadeloupe La 1ère. Un porte-parole a ensuite annoncé que le collectif serait reçu officiellement pendant le séjour.
« Nous ne réclamons pas un rendez-vous »
C’est cette perspective qui a provoqué la réaction patronale. « Madame la Ministre, nous ne réclamons pas un rendez-vous », écrivent les organisations, qui réclament « des mesures concrètes de soutien et de réparation » pour les entreprises et leurs salariés. Elles réaffirment leur « plein soutien au préfet » dans le rétablissement de l’ordre, une autorité qui doit selon elles être « clairement soutenue au plus haut niveau de l’État ».
Cet article vous a plu ?
Inscrivez-vous gratuitement pour recevoir les prochains directement par email.
Pas de publicité, pas de spam, données jamais revendues.

À lire aussi
Bien vieillir en Martinique : la CTM réclame une compensation à la hauteur du défi
nov. 05, 2026
Frais bancaires : en Guyane, la tenue de compte a augmenté de 56 % depuis 2018
nov. 04, 2026
Charte sociale européenne : la Région Guadeloupe veut peser au Conseil de l’Europe
nov. 04, 2026