Porté par le groupe Hydrogène de France, le projet CEOG doit faire de la commune de Mana le site de la plus grande centrale électrique à stockage d'hydrogène au monde. Après des années de retards liés notamment à des contestations locales, la mise en service est annoncée pour 2026, tandis que la Guyane trace sa route vers le tout-électrique à l'horizon 2035.
140 MW de stockage pour 10 000 foyers
Le principe : un parc solaire photovoltaïque couplé à une unité de stockage massive d'énergie sous forme d'hydrogène vert, pour une capacité de 140 MW présentée comme la plus grande au monde. Le coût total du projet est estimé à 170 millions d'euros par l'IEDOM. Acté depuis 2018, le CEOG doit fournir l'équivalent de la consommation de 10 000 foyers guyanais, à un coût annoncé inférieur à celui des centrales diesel, avec environ 100 emplois durant le chantier et une trentaine de postes permanents sur vingt ans d'exploitation.
Des retards, des contestations, un recentrage industriel
Le calendrier a glissé. Des contestations des habitants autochtones sur l'emplacement du site ont retardé les travaux, rappelle l'IEDOM dans son rapport annuel 2025. Côté industriel, Hydrogène de France a traversé une zone de turbulences : l'entreprise a réduit d'un tiers son portefeuille de projets en 2025 et ses effectifs, tout en obtenant la notification par la Commission européenne de sa subvention au titre des projets d'intérêt commun (PIIEC), étape financière longtemps attendue. Résultat, selon Le Journal des Entreprises : le CEOG est aujourd'hui le projet le plus avancé du groupe, sa mise en service est attendue cette année, et l'usine de Blanquefort produit les piles à combustible qui en font le cœur technique.
Le tout-électrique 2035 redistribue les cartes
L'intérêt du CEOG dépasse la commune de Mana : la Guyane s'est fixé pour objectif le tout-électrique à l'horizon 2035. Dans ce paysage, certains projets ont déjà capoté : le projet hydroélectrique de Voltalia à Maripasoula, initialement envisagé pour 2026, a été abandonné en octobre 2025 en raison de coûts logistiques insoutenables, la CTG privilégiant désormais des alternatives photovoltaïques. Le chantier de la bioénergie à Larivot (600 millions d'euros) et la centrale à biomasse de Sinnamary (145 millions) complètent le tableau. À l'aube de sa mise en service, le CEOG restera le test grandeur nature de la capacité guyanaise à concilier transition énergétique, acceptabilité locale et rentabilité.
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