La préfecture de Guadeloupe a placé plusieurs secteurs en risque très fort d’échouement de sargasses du 15 au 19 juin. La saison 2026 figure déjà parmi les plus chargées depuis le début des observations.
Les échouements de sargasses continuent de gagner en intensité sur les côtes guadeloupéennes. Dans un bulletin publié le 15 juin, la préfecture de Guadeloupe indique que les prévisions établies pour les quatre jours suivants font apparaître un risque d’échouement « très fort » sur les façades littorales exposées du nord de la Grande-Terre et de la Basse-Terre. Le risque est classé « fort » dans le sud de la Grande-Terre et « moyen » à Marie-Galante, aux Saintes et à La Désirade.
Cette nouvelle alerte intervient alors que plusieurs secteurs enregistrent déjà des concentrations importantes de gaz liés à la décomposition des algues. La préfecture précise que les sites de Beauséjour à La Désirade, Sarcelle et Port-Louis à Goyave, le bourg de Capesterre de Marie-Galante ainsi qu’Arnouville à Petit-Bourg ont atteint le seuil d’alerte en sulfure d’hydrogène (H₂S).
Ces épisodes sont devenus une réalité récurrente pour de nombreuses communes littorales. Lorsque les algues s’accumulent puis se décomposent sur le rivage, elles dégagent notamment du sulfure d’hydrogène, un gaz responsable de nuisances olfactives mais aussi de risques sanitaires pour les populations les plus exposées.
Une saison déjà parmi les plus sévères
Quelques jours avant cette nouvelle alerte, Météo-France dressait un bilan particulièrement préoccupant de la situation. Dans une analyse publiée le 11 juin, l’organisme indique que la mi-saison 2026 figure déjà parmi les plus mauvaises années observées depuis la mise en place du suivi satellitaire des nappes de sargasses.
Selon Météo-France, « dans les deux zones, 2026 se positionne en 3ᵉ rang fin mai, derrière 2018 et 2023, deux années qui ont marqué durablement les côtes guadeloupéennes ». L’organisme souligne également que « la pente observée sur le dernier mois » est « comparable à celle qu'affichait 2021 à la même période », une année qui a terminé « en 2ᵉ position des années les plus chargées de toute la série historique ».
Les spécialistes rappellent que la période comprise entre mai et juillet correspond au pic climatologique d’accumulation des sargasses dans les zones surveillées. Météo-France estime ainsi qu’« une trajectoire aussi ascendante à ce stade laisse peu de place à l’optimisme ».
Des conséquences déjà visibles dans les îles du sud
Les répercussions de cette nouvelle vague d’échouements se font déjà sentir dans plusieurs territoires de l’archipel. À La Désirade, les conditions provoquées par les sargasses ont conduit à l’annulation de l’ensemble des rotations maritimes de la compagnie Comadile le 16 juin, illustrant les difficultés que peuvent entraîner les accumulations d’algues sur les activités quotidiennes.
Au-delà des perturbations des transports, les échouements affectent régulièrement la pêche, les activités nautiques et le tourisme, tout en mobilisant d’importants moyens de collecte dans les communes concernées.
Dans son analyse, Météo-France estime que « quelle que soit l'évolution des prochains mois, 2026 s'inscrit d'ores et déjà parmi les saisons les plus chargées depuis le début des observations systématiques ». L’établissement ajoute que « la comparaison avec 2021 impose une vigilance renforcée pour les semaines à venir ».
Alors que la période traditionnellement la plus active de la saison est loin d’être terminée, les prévisions de la préfecture et les indicateurs de surveillance laissent craindre de nouveaux échouements massifs sur plusieurs secteurs du littoral guadeloupéen dans les prochaines semaines.
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