Sargasses en Martinique : l’une des pires saisons jamais enregistrées

Sargasses en Martinique : l’une des pires saisons jamais enregistrées
Photo de l'Anse Cafard (Diamant) le 10 Juin 2026. Crédit : Fanny Fontan

Les échouages massifs observés ces derniers jours s’ajoutent à une saison que Météo-France classait déjà parmi les plus intenses de son historique avant même les arrivages de juin.

La Martinique est confrontée à une nouvelle vague d’échouages de sargasses particulièrement importante. Sur la façade atlantique, de nombreuses plages et anses sont déjà engorgées par les accumulations d’algues brunes qui continuent d’arriver sur le littoral. Mais le phénomène ne se limite plus aux secteurs traditionnellement exposés.

Au Diamant, sur la côte caraïbe, les échouages se multiplient également. La baie de la Cherry est fortement touchée, tout comme l’anse Cafard où les sargasses s’accumulent depuis plusieurs jours. Des arrivages importants sont aussi observés dans le bourg, illustrant l’ampleur d’un phénomène qui gagne désormais plusieurs secteurs de la commune.

Ces nouvelles arrivées suscitent d’autant plus d’inquiétudes que les prévisions annoncent la poursuite des échouages dans les prochains jours et les prochaines semaines, alors que de nombreux sites sont déjà saturés.

Au Diamant, les professionnels dénoncent une situation de plus en plus difficile

Le 11 juin, le club de plongée Madiana Blue Plaisir a décrit les conséquences directes de ces accumulations sur son activité. « Aujourd’hui encore, une sortie compliquée pour quitter le port de la Cherry au Diamant », explique la structure. Le club rappelle que « la baie est un véritable point d’accumulation des sargasses qui s’échouent, s’entassent et se dégradent pendant plusieurs jours ». Une situation qui « pénalise fortement » son activité quotidienne.

« Actuellement, nous rencontrons de grandes difficultés pour accueillir notre clientèle et pour sortir en mer dans de bonnes conditions. Les nombreuses manipulations nécessaires pour dégager le bateau rendent chaque départ particulièrement contraignant », poursuit le témoignage. La structure souligne également les conséquences sanitaires du phénomène. « Les émanations dégagées par la décomposition des sargasses peuvent provoquer des maux de tête, des irritations et un réel inconfort pour les professionnels du port, les riverains et les visiteurs. »

Un constat alarmant avant même les arrivages actuels

Cette dégradation intervient alors que Météo-France alertait déjà sur la situation dans un bilan publié le 11 juin. Particularité importante : cette analyse porte sur les accumulations observées jusqu’à la fin du mois de mai et ne prend donc pas encore en compte les échouages massifs constatés ces derniers jours sur les côtes martiniquaises.

Grâce à un suivi satellitaire régulier, l’établissement surveille deux zones de référence situées à l’est et au sud-est de la Martinique, baptisées B1 et B2. Ces secteurs permettent de mesurer les quantités de sargasses présentes en mer avant leur arrivée sur les côtes de l’île.

Les résultats sont préoccupants. À la fin du mois de mai, les zones B1 et B2 occupaient toutes deux le troisième rang des années les plus chargées depuis le début des observations systématiques. Seules les saisons 2018 et 2022 présentaient des niveaux supérieurs à la même période. 

Pour Météo-France, la dynamique observée est tout aussi inquiétante que les volumes enregistrés. La progression constatée au cours des dernières semaines rappelle celle de certaines années qui ont ensuite connu des échouages massifs durant l’été.

L’établissement souligne ainsi que « quelle que soit l’évolution des prochains mois, ces données justifient un suivi attentif et une anticipation des dispositifs de gestion sur le littoral ». Météo-France estime également que « les autorités et les collectivités locales sont invitées à se tenir prêtes à mobiliser les moyens nécessaires pour limiter l’impact de cette saison qui s’annonce particulièrement soutenue ».

Autrement dit, les prévisionnistes classaient déjà 2026 parmi les pires saisons observées avant même les importants échouages enregistrés depuis le début du mois de juin. Alors que la période correspondant habituellement au pic de la saison ne fait que commencer, les semaines à venir pourraient encore accentuer une situation déjà jugée exceptionnelle par les spécialistes.

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