Le dimanche 27 septembre 2026, 577 grands électeurs guyanais désigneront les deux sénateurs du territoire. Georges Patient et Marie-Laure Phinéra-Horth ne se représentent pas. Dix candidatures ont été enregistrées en préfecture, dont celles de Rodolphe Alexandre, ancien président de la CTG, et d'Hélène Sirder, ancienne vice-présidente. Scrutin majoritaire à deux tours dans la même journée, panachage autorisé. Les deux élus siégeront au Palais du Luxembourg au moment où s'y discuteront l'évolution statutaire, l'avenir de l'octroi de mer et la programmation budgétaire des Outre-mer.
Deux sièges. Dix candidats. Cinq cent soixante-dix-sept électeurs.
Le scrutin sénatorial guyanais se joue dans un cercle étroit : députés, sénateurs, conseillers de l'Assemblée de Guyane et délégués des vingt-deux conseils municipaux, renouvelés lors des municipales de mars 2026. Ce collège décide seul. Il n'y a ni campagne grand public, ni suffrage universel direct. C'est une élection d'élus par des élus.
Le mode de scrutin
En Guyane, comme dans toutes les circonscriptions qui élisent un ou deux sénateurs, le scrutin est majoritaire. Pour être élu au premier tour, un candidat doit obtenir la majorité absolue des suffrages exprimés et un nombre de voix au moins égal au quart des électeurs inscrits. À défaut, un second tour est organisé le même jour, où la majorité relative suffit.
Les candidats peuvent se présenter isolément ou en binôme, mais le décompte se fait par nom. Le panachage est autorisé : un grand électeur peut voter pour deux noms issus de listes différentes. Ce mécanisme rend les alliances mouvantes et les pronostics fragiles.
Le vide laissé par les sortants
Georges Patient siégeait au Sénat depuis 2008. Marie-Laure Phinéra-Horth depuis 2020. Tous deux rattachés à la majorité présidentielle, tous deux absents de la liste officielle des candidats. Leur retrait ouvre un scrutin sans sortant, configuration inédite depuis longtemps en Guyane.
Patient avait été, au fil de ses mandats, l'un des parlementaires les plus actifs sur les questions budgétaires ultramarines, l'octroi de mer, la fiscalité des DROM. Phinéra-Horth s'était investie sur les questions sociales et sanitaires. Leur succession pose la question de la continuité du travail de fond au Sénat sur les dossiers guyanais.
Les forces en présence
Sur les dix candidatures, six sont classées « divers gauche » par la préfecture selon la grille du ministère de l'Intérieur : Patrick Lecante, Rodolphe Alexandre, Roger Aron, Rollin Bellony et Gérard Amayota. Une « divers centre » : Hélène Sirder. Une « Parti socialiste » : Victor Joseph. Une « régionaliste » : Jean-Yves Mirakoff. Une « Rassemblement national » : Ronan Malarme. Une « divers » : Ryan Persaud.
Rodolphe Alexandre est la figure la plus connue du scrutin. Ancien maire de Cayenne, président de la Collectivité territoriale de Guyane de 2015 à 2021, battu par Gabriel Serville aux territoriales, il tente un retour par la voie parlementaire. Hélène Sirder, qui fut sa première vice-présidente à la CTG, se présente séparément sous une nuance centriste. Patrick Lecante, professeur d'économie et premier candidat déclaré, incarne une candidature de renouvellement.
La dispersion des candidatures à gauche et au centre, dans un scrutin où le panachage est possible, rend l'issue ouverte. Les réseaux d'élus municipaux, décisifs dans ce type d'élection, ne se lisent pas nécessairement selon les nuances politiques nationales.
Ce qui attend les élus au Sénat
Le calendrier parlementaire de l'automne 2026 place plusieurs dossiers guyanais en position centrale.
L'évolution statutaire, d'abord. Les propositions d'écriture constitutionnelle et organique promises par le président de la République pour septembre sont attendues. Si le processus avance, il passera par le Parlement, et le Sénat, chambre des collectivités territoriales, y aura un rôle décisif. Les deux sénateurs guyanais seront en première ligne pour porter, ou non, la position du Congrès des élus.
L'octroi de mer, ensuite. Le régime fiscal spécifique aux DROM doit être renégocié avec l'Union européenne avant 2027. La CTG a demandé l'ouverture d'un dialogue politique immédiat. Le Sénat sera saisi de toute évolution législative.
Le budget 2027, enfin. Les crédits de la mission Outre-mer, la Ligne budgétaire unique pour le logement, les dotations aux collectivités : autant d'arbitrages qui se joueront au Parlement dès octobre, dans un contexte de contrainte budgétaire nationale.
Les grands électeurs guyanais choisiront le 27 septembre entre des candidats aux profils et aux ancrages très différents. Ils choisiront aussi qui parlera pour la Guyane au Sénat pendant six ans, sur des dossiers qui engagent le territoire bien au-delà de la mandature.
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