Le Service d'incendie et de secours de Martinique doit trouver 12 millions d'euros pour boucler son budget 2026. La Collectivité territoriale affirme être à jour de ses versements et appelle à une responsabilité partagée, y compris de l'État.
Le Service d'incendie et de secours de Martinique (SIS 972) cherche 12 millions d'euros pour équilibrer son exercice 2026. Réunis le jeudi 3 septembre à l'hôtel de l'Assemblée territoriale pour leur rentrée sociale, direction, gouvernance et représentants du personnel ont tiré la sonnette d'alarme. Le lendemain, la Collectivité territoriale de Martinique (CTM) a publié un communiqué signé de son président Serge Letchimy, dans lequel elle se dit « à jour de l'ensemble des contributions dues à ce jour », avec 20 millions d'euros de fonctionnement et 2,5 millions d'euros d'investissement prévus cette année, dont 13,5 millions déjà versés au titre du fonctionnement.
Le préfet de Martinique a été saisi du dossier et une première réunion s'est tenue le mercredi 2 septembre entre la préfecture et la direction de l'établissement. Le SIS s'appuie sur 1 692 sapeurs-pompiers, dont près de 300 professionnels, 75 personnels administratifs, techniques et spécialisés, 20 centres d'incendie et de secours et plus de 190 véhicules.
Onze contrats non renouvelés
Pour les organisations syndicales, les effets se font déjà sentir sur les fonctions de support. « La contrainte budgétaire a entraîné le non-renouvellement de 11 contrats », explique Noël Nestorine, représentant du Syndicat national des sapeurs-pompiers professionnels PATS 972, cité par RCI Martinique, qui dit ignorer les conséquences à moyen et long terme de la perte de ces appuis. Pour Dwevan Delivry, secrétaire général du syndicat Force ouvrière du SIS 972, les dépenses ont fortement augmenté sous l'effet des évolutions réglementaires et du coût de la vie, quand les recettes stagnent : « À terme, c'est la survie même des secours qui est menacée. »
La CTM appelle à une responsabilité partagée
La collectivité, elle, souligne que sa contribution au fonctionnement est restée fixée à 20 millions d'euros en 2024, 2025 et 2026, auxquels s'ajoutent chaque année 2,5 millions d'investissement, hors construction de casernes. Sur les 13,5 millions déjà versés, 1,5 million l'a été par anticipation sur une échéance prévue fin septembre. La CTM prévient toutefois que « la recherche de nouvelles recettes ne peut toutefois constituer l'unique réponse aux difficultés structurelles rencontrées par le SIS » et invite l'établissement à amplifier ses efforts de gestion.
Le communiqué déplace ensuite le débat vers le modèle de financement. Selon les données présentées par le SIS, les collectivités locales représentent 97 % de ses ressources, réparties entre 58,2 % pour la CTM et 38,8 % pour le bloc communal, les 3 % restants correspondant à des prestations facturées et aux remboursements pour carence ambulancière. « L'État ne participe donc pas directement au financement courant du SIS », relève la collectivité, qui appelle à une réflexion plus large sur le financement de la sécurité civile.
Une commission de travail sur la TCSA
Le président du SIS, Jean-Claude Ecanvil, mise sur un plan pluriannuel : « Une enveloppe de 12 millions d'euros doit nous permettre de tenir. » Une commission de travail devait siéger dès le lundi 7 septembre avec la CTM sur la taxe communale sur la consommation finale d'électricité, qui représente environ 2,5 millions d'euros, l'établissement sollicitant par ailleurs ses fonds propres pour garantir le versement des salaires. À l'échelle nationale, un mouvement de contestation des sapeurs-pompiers est annoncé pour le 8 septembre, sans que les syndicats locaux se soient encore prononcés sur leur participation.
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