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Martinique : quatre nuits de violences, puis le retour au calme

Martinique : quatre nuits de violences, puis le retour au calme
Voiture incendiée lors des violences. Crédits : Police nationale de la Martinique

Barrages enflammés, tirs contre les gendarmes, couvre-feu : du 19 au 22 octobre, la Martinique a connu une flambée de violences urbaines en marge de la mobilisation contre la vie chère, jusqu’à faire fuir les premiers paquebots de la saison.

Des voitures calcinées dans un centre auto du Lamentin, un gymnase scolaire en flammes à Place-d’Armes, des gendarmes visés par des tirs d’armes à feu à Ducos, deux escales de croisière annulées : la reprise de la mobilisation contre la vie chère, lundi 19 octobre, a ouvert quatre nuits de violences urbaines en Martinique. Dans un bilan publié le 23 octobre, la police nationale a recensé 11 interpellations à Fort-de-France et au Lamentin entre le 19 et le 22 octobre, des barricades et barrages enflammés, des jets de projectiles et de cocktails Molotov, et un policier blessé. L’ordre public est désormais rétabli et la circulation a repris sur tous les axes.

Le 20 octobre, après deux nuits marquées par des tirs contre les gendarmes, des intrusions dans des commerces et des vols à main armée, le préfet Étienne Desplanques avait instauré, après échange avec les maires, un couvre-feu de 22 heures à 5 heures pour deux nuits à Fort-de-France, au Lamentin, à Schœlcher, à Saint-Joseph, au Robert et à Ducos. Applicable aux majeurs comme aux mineurs, son non-respect exposait à une amende pouvant atteindre 750 euros. Un arrêté interdisait en parallèle, jusqu’au 23 octobre à 18 heures, les artifices de divertissement sur la voie publique, la vente et le transport de carburant en bidon, ainsi que le port d’armes.

Une décrue rapide

La nuit du 20 au 21 octobre, quatorze communes ont encore été touchées. Les gendarmes ont de nouveau essuyé des tirs à Ducos, nécessitant l’intervention du GIGN et de véhicules blindés, et un policier a été blessé à la tête par un projectile, sans gravité. Au Lamentin, un incendie a ravagé le Centre Auto de Place-d’Armes (neuf véhicules incendiés selon la police, sept détruits et quatre exposés à la chaleur selon la préfecture), tandis que le rez-de-chaussée du gymnase du collège Édouard-Glissant, environ 300 m², a été entièrement embrasé. La préfecture a alors fait état de 11 interpellations et de trois saisies d’armes à feu.

La nuit suivante a marqué une « nette décrue » : dix communes touchées de façon sporadique, aucun blessé, aucun tir, un seul commerce cambriolé au Lamentin, dont les trois auteurs ont été interpellés. Sept personnes, dont trois mineurs, ont été arrêtées. Le 22 octobre au matin, le préfet a annoncé qu’il « ne reconduira pas le couvre-feu », tout en se réservant la possibilité de le réactiver.

La croisière dans la tourmente

L’économie touristique a payé le prix fort. Le Coral Princess, qui devait inaugurer la saison le 20 octobre à la Pointe-Simon avec 2 265 passagers, a renoncé à son escale. Le 23 octobre, le Carnival Miracle et ses 2 680 passagers ont fait de même. Un coup dur pour une saison qui compte près de 300 escales programmées. Le Bellot, de la compagnie Ponant, a finalement accosté le 25 octobre au quai des Tourelles, devenant le premier paquebot de la saison.

Boycott et réponses de l’État

Sur le terrain social, le RPPRAC, dont les rassemblements du 20 octobre avaient été interdits à Fort-de-France, au Lamentin et à Ducos, appelle désormais au boycott du groupe GBH pour dire « stop à la profitation ».

Dans un communiqué du 23 octobre, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, a condamné les violences et rappelé les aides ouvertes aux entreprises touchées, dont l’activité partielle, les reports de cotisations et des prêts à taux zéro jusqu’à 50 000 euros. Elle a promis l’examen à l’Assemblée nationale du texte sur la vie chère déjà adopté par le Sénat et des « modalités adaptées » pour faire profiter les Outre-mer de la baisse du gazole au 1er novembre. « Je ne veux pas répondre aux difficultés par une accumulation d’annonces. Les Ultramarins attendent des résultats et ils ont raison », a-t-elle déclaré.

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