Élus, patronat, bailleurs et professionnels du bâtiment ont signé le 3 septembre dernier une motion commune exigeant le maintien de la ligne budgétaire unique, dont la dotation guadeloupéenne est tombée à 15 millions d'euros.
Signée le 3 septembre 2026 en Guadeloupe et adressée à la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou, cette motion commune réunit parlementaires, élus territoriaux, organisations patronales, bailleurs sociaux, chambres consulaires et professionnels du bâtiment autour d'une même exigence : le maintien et le renforcement de la ligne budgétaire unique (LBU), principal outil de financement du logement social dans les territoires ultramarins. La dotation guadeloupéenne est passée de 28,8 millions d'euros en 2024 à 24 millions en 2025, avant d'être fixée à 15 millions par les notifications budgétaires 2026, soit un recul de 37,5 % en un an et de près de moitié en deux ans.
Selon Outremers360, qui a rendu compte de la signature, le texte porte les signatures d'Ary Chalus pour la Région, de Guy Losbar pour le Département, des quatre députés guadeloupéens (Christian Baptiste, Élie Califer, Max Mathiasin et Olivier Serva), des trois sénateurs (Dominique Théophile, Victorin Lurel et Solanges Nadille), ainsi que de l'Association des maires, de l'UDE-MEDEF, de la CCI des Îles de Guadeloupe, de la Fédération régionale du bâtiment, de l'UMIH et d'une dizaine d'autres organisations professionnelles et sociales. La démarche s'inscrit dans la préparation du projet de loi de finances.
L'alerte n'est pas nouvelle. Dès le printemps, le président de l'Association régionale des maîtres d'ouvrage sociaux (ARMOS) de Guadeloupe, Thierry Romanos, décrivait le passage de 24 à 15 millions d'euros comme « une douche froide pour l'ensemble des bailleurs de la Guadeloupe ». En juillet, il prévenait encore : « Nous sommes sur une bombe à retardement ! » Le territoire compte environ 16 000 demandes de logement social en attente, pour seulement 2 500 attributions par an.
Jusqu'à 500 emplois directs menacés
Au-delà du logement, les signataires pointent l'effet immédiat de la coupe sur la filière construction. La réduction des crédits entre 2025 et 2026 se traduirait, selon les estimations des organisations professionnelles reprises dans la motion, par une perte de chiffre d'affaires de 35 à 45 millions d'euros pour les entreprises du BTP et les bureaux d'études, et par 400 à 500 emplois directs menacés. La LBU finance en effet la construction neuve, mais aussi la réhabilitation du parc existant, la résorption de l'habitat insalubre et l'aménagement foncier.
Sept demandes au gouvernement
Le texte formule sept demandes : maintien intégral des crédits, renforcement à hauteur des besoins réels du territoire, programmation pluriannuelle sécurisée, étude d'impact préalable à toute évolution budgétaire, compensation en LBU des logements sociaux démolis dans le cadre des programmes ANRU, concertation avec les collectivités, bailleurs et organisations professionnelles, et rétablissement du Comité départemental de l'habitat et de l'hébergement comme instance de dialogue permanent.
Un signal plus favorable pour 2027
Trois jours après la signature, le député Christian Baptiste, rapporteur spécial des crédits de la mission Outre-mer et signataire de la motion, a livré ses premiers constats à l'issue de ses auditions préparatoires au budget 2027. Selon les informations qu'il a recueillies, les crédits du logement social passant par la LBU « ne devraient pas faire l'objet d'un coup de rabot ». Il souligne toutefois que les arbitrages restent ouverts et appelle les élus ultramarins à rester vigilants jusqu'au dépôt du projet de loi de finances, attendu le 30 septembre. Le fonds exceptionnel d'investissement, lui, a déjà reculé de plus de 60 % entre 2024 et 2026.
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