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Guadeloupe : une semaine de violences, d’accalmie et de dialogue avorté

Guadeloupe : une semaine de violences, d’accalmie et de dialogue avorté
Crédits : Police nationale de la Guadeloupe

Après un week-end de pillages et de violences urbaines, la Guadeloupe a retrouvé un calme relatif, mais la rencontre prévue le 25 octobre entre le préfet et le collectif Nou Las Palé n’a pas eu lieu.

« Nous ne sommes pas mobilisés pour obtenir une invitation. Nous sommes mobilisés pour obtenir des réponses. » Dans un communiqué daté du 25 octobre, le collectif Nou Las Palé, qui mène depuis le 14 octobre une mobilisation contre la vie chère en Guadeloupe, conteste avoir refusé une rencontre avec le préfet Thierry Devimeux et les élus, prévue ce dimanche selon RCI. Mis en cause à la télévision par le préfet et la sénatrice Solanges Nadille, il affirme n’avoir jamais reçu l’invitation formalisée qu’il réclamait et exige la preuve de son envoi. Le préfet avait d’abord contesté la légitimité du collectif, qui réclamait son départ depuis le 15 octobre. Ce rendez-vous manqué clôt une semaine ouverte dans la violence.

Le week-end des 17 et 18 octobre, journée nationale de mobilisation, l’archipel avait en effet connu pillages et affrontements. Six policiers avaient été blessés le vendredi lors de heurts à Basse-Terre, puis trois autres touchés par balles, selon l’AFP. Dans la nuit du 18 au 19 octobre, malgré un couvre-feu imposé aux mineurs à Pointe-à-Pitre et aux Abymes, la préfecture avait recensé 44 interpellations, dont plus de la moitié de mineurs, des pillages sporadiques aux Abymes et un incendie sur la base nautique du Moule. À Pointe-à-Pitre, aux Abymes et au Gosier, la police nationale était intervenue toute la nuit face aux barrages, aux incendies et aux vols visant des commerces.

Des nuits redevenues calmes

Le 20 octobre au matin, 32 policiers et gendarmes avaient encore dû dégager la RN4 à Mare-Gaillard, au Gosier, entravée par une dizaine de barrages en feu, face à une quarantaine d’individus lançant pierres et cocktails Molotov. Deux personnes avaient été interpellées. La tension est ensuite retombée. La nuit du 20 au 21 octobre n’a connu aucun incident majeur, hormis un feu de véhicule rue Nozière à Pointe-à-Pitre et des feux de détritus, même si des obstacles bloquaient encore au matin la N2 à Pointe-Noire, l’entrée de Jarry et le viaduc du Pérou à Capesterre-Belle-Eau, où policiers, gendarmes et pompiers sont intervenus ensemble. La préfecture a ensuite qualifié la nuit du 21 au 22 de « très calme », puis celle du 22 au 23 de « calme », avec seulement des faits isolés : pneus enflammés sur la N1 à Vieux-Habitants, tentative de guet-apens contre les gendarmes à Capesterre-Belle-Eau, jets de pierres, barrages de palettes à Jabrun (Baie-Mahault) et d’appareils électroménagers à Sainte-Anne. Le préfet a souligné à plusieurs reprises que ces violences étaient « sans lien établi à ce jour avec un mouvement social ».

L’État et les élus face aux revendications

Le 22 octobre, le préfet avait réuni les élus. Sur les carburants, l’État s’était engagé à préparer l’application des mesures nationales sur le gazole. Pour l’eau, il entendait accélérer le plan antifuites et préparer la mise en service de la régie au 1er janvier 2027. Il rappelait les près de 3 000 plans d’étalement de dettes déjà accordés aux entreprises et promettait davantage de contrôles des prix. Les élus, eux, avaient réclamé la fixation des prix des carburants par décret et un financement par l’État de la moitié des 45 millions d’euros de dotation de la régie Archipel’Eau, selon le Département, en demandant au préfet de recevoir une délégation de Nou Las Palé. Selon France-Antilles, les députés ont depuis sommé l’État et les élus d’ouvrir ce dialogue.

Le 23 octobre, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, avait condamné les violences et rappelé les aides aux entreprises touchées, dont des prêts à taux zéro jusqu’à 50 000 euros. « C’est sur les résultats que notre action devra être jugée », avait-elle déclaré. Nou Las Palé prévient de son côté que sa mobilisation « se poursuivra et s’amplifiera » si les autorités persistent dans cette voie.

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