+24,7 %. C'est la croissance du secteur de la construction au Guyana au premier semestre 2026, selon le rapport de mi-année du ministère des Finances guyanien, publié le 28 août. De l'autre côté du Suriname, le pays engrange les retombées de son pétrole et investit massivement. Les entreprises du BTP guyanais, elles, abordent 2027 avec inquiétude.
Un pays qui croît d'un tiers en six mois
Les chiffres du rapport donnent la mesure du phénomène. Le produit intérieur brut réel du Guyana a progressé d'environ 33,3 % au premier semestre 2026. Hors pétrole, la hausse atteint 10,1 %. Le ministère prévoit 20,8 % de croissance sur l'ensemble de l'année, et 10,2 % hors pétrole.
Le pétrole et le gaz restent le moteur, avec +41,3 % sur le semestre. Mais la construction suit de près. Le ministère anticipe +27,6 % pour ce secteur sur l'année. Les services progressent de 7,2 %.
Cette dynamique est portée par la dépense publique. Le programme d'investissement public du gouvernement guyanien pour 2026 a été relevé de 779,6 à 829,7 milliards de dollars guyaniens. 248,9 milliards avaient été dépensés à fin juin.
Côté guyanais, des carnets de commandes sous surveillance
Le contraste est net avec la situation du BTP en Guyane. Dans sa note de conjoncture du deuxième trimestre 2026, l'Institut d'émission des départements d'outre-mer (IEDOM) relève que l'activité du secteur reste positive. Mais les chefs d'entreprise anticipent une dégradation, liée à la crainte d'une baisse de la commande publique.
Le projet de loi de finances pour 2027 n'est pas de nature à les rassurer. Il réduit de 66,5 % les autorisations d'engagement de l'action Aménagement du territoire de la mission Outre-mer. Celles du Fonds exceptionnel d'investissement, qui subventionne les équipements des collectivités, baissent de 35,9 %. Le texte est encore en discussion au Parlement.
Les échanges commerciaux de la Guyane restent, eux, tournés vers l'Hexagone. En 2024, le territoire a exporté pour 171,5 millions d'euros de marchandises, selon l'Insee. 70,1 % de ces exportations partaient vers la France hexagonale. Le déficit commercial a atteint un niveau record d'environ 2,1 milliards d'euros. L'Insee ne détaille pas, dans son bilan, la part des échanges réalisés avec le Guyana.
Ce que le rapport guyanien ne dit pas
Le document du ministère des Finances ne mentionne ni la Guyane, ni le Suriname. La croissance guyanienne n'est donc pas, en soi, une opportunité garantie pour les entreprises de Cayenne ou de Saint-Laurent-du-Maroni. Le Guyana est un pays anglophone, avec sa propre monnaie, son droit et ses règles d'accès aux marchés publics. Une entreprise guyanaise y est une entreprise étrangère.
La question est donc pratique : comment s'y présenter, et avec quels interlocuteurs ? C'est l'objet d'une mission exploratoire inscrite au programme de Team France Export, à Georgetown, du 10 au 13 novembre 2026. Le programme annoncé comprend des visites de terrain, des rendez-vous d'affaires et une visite du salon GuyExpo. Selon la page de présentation, l'accompagnement d'un conseiller pour préparer la démarche est gratuit.
Pour les entreprises intéressées
La mission débute dans quinze jours. Les chefs d'entreprise guyanais qui envisagent le marché guyanien peuvent se renseigner auprès de la CCI Guyane, dont l'adresse de contact figure sur la page de l'événement du site de Team France Export. Le coût de participation, les secteurs ciblés et la date limite d'inscription n'y sont pas précisés : ce sont les premières questions à poser.
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