Six associations et deux habitants du Haut-Maroni attaquent l’État français pour « carence fautive » dans la lutte contre l’orpaillage illégal. L’audience se tient ce jeudi 23 avril à 9h30 devant le tribunal administratif de Cayenne. Wild Legal, Maiouri Nature Guyane, l’Association des victimes du mercure du Haut-Maroni, la COPAG, Jeunesse autochtone de Guyane et Solidarité Guyane ont déposé un mémoire de plus de 1 500 pages. À leurs côtés : Linia Opoya, présidente de l’association des victimes du mercure, et Michel Aloike, chef coutumier du village de Taluen. Le recours, déposé le 17 janvier 2024, demande au tribunal de reconnaître le préjudice écologique subi par le fleuve Maroni et le préjudice sanitaire infligé aux populations Wayana et Teko depuis plus de trente ans.
55 millions par an, et le mercure monte toujours
Sur le papier, l’État fait le travail. L’opération Harpie coûte 55 millions d’euros par an. Quatre cents militaires et deux cents gendarmes patrouillent la forêt en permanence. En 2025, les forces ont saisi 8 633 grammes d’or, détruit 8 031 carbets et confisqué plus de 100 kilos de mercure. Des chiffres impressionnants sauf que le nombre de sites clandestins a augmenté de 35 % en un an. L’or a dépassé les 3 000 dollars l’once, et chaque garimpeiro qui traverse le Maroni depuis le Suriname ou le Brésil sait que le jeu en vaut la chandelle. Harpie maintient la pression, mais n’éradique rien. Les requérants estiment que l’État le sait depuis longtemps et que c’est précisément ce qui fonde la faute.
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