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Mobilité Sud fait volte-face : arrêt total annoncé pour le 20 juillet, retiré 24 heures plus tard après des ouvertures financières avec la CTM

Mobilité Sud fait volte-face : arrêt total annoncé pour le 20 juillet, retiré 24 heures plus tard après des ouvertures financières avec la CTM
Image d'illustration. Crédit : Martinique Transport

Vingt-quatre heures. C'est le temps qui a séparé une annonce d'arrêt total du réseau Sud Lib et son retrait. Vendredi 17 juillet 2026, Mobilité Sud, opérateur du transport public du sud de la Martinique, déjà placé en cessation de paiement depuis plusieurs semaines annonce par communiqué l'arrêt complet de son activité pour une durée indéterminée à compter du lundi 20 juillet. Motif invoqué : incapacité à continuer d'absorber les charges d'exploitation, interruption des discussions avec Martinique Transport, situation financière rendue intenable.

Onde de choc. Pour les usagers du sud martiniquais (Diamant, Sainte-Anne, Rivière-Pilote, Le François, Rivière-Salée, Marin), l'annonce signifie la disparition du seul transport public organisé. Pour les 270 salariés directs de Mobilité Sud, elle prolonge l'incertitude professionnelle qui pesait déjà depuis plusieurs semaines. Pour les sous-traitants privés, dont certains attendaient déjà six mois de paiements en retard, l'annonce sonnait comme un coup de grâce.

Retournement dans la soirée du samedi 18 juillet. Nouveau communiqué de Mobilité Sud. Discussions rouvertes avec la Collectivité territoriale de Martinique et Martinique Transport dans la nuit. Progrès financiers acquis, précisions non intégralement rendues publiques, mais suffisants pour permettre à l'opérateur de suspendre l'annonce d'arrêt. Le réseau reste opérationnel à partir du lundi 20 juillet, avec des services maintenus.

L'épisode n'est pas anodin. Il expose trois réalités.

Première réalité : le transport public martiniquais fonctionne au fil des jours. Sans visibilité structurelle, sans plan pluriannuel sécurisé, sans dispositif de gouvernance robuste. Chaque semaine, la question de la continuité du service se rejoue sur des arbitrages financiers de dernière minute. Cette précarité chronique n'est pas soutenable dans la durée.

Deuxième réalité : la négociation de crise fonctionne à l'annonce. Il aura fallu que Mobilité Sud pose publiquement la perspective d'un arrêt total pour que les discussions avec Martinique Transport et la CTM produisent des avancées concrètes. Signal ambigu : d'un côté, l'aiguillon fonctionne ; de l'autre, sans coup de force, la crise s'enlise. Pour les autres opérateurs (réseau CACEM, transports interurbains), la leçon est claire, avec les conséquences que cela peut avoir.

Troisième réalité : la gouvernance globale du transport public martiniquais reste à repenser. Serge Letchimy avait réuni le 10 juillet Cap Nord, Espace Sud et CACEM pour poser le diagnostic. Une semaine plus tard, la crise Mobilité Sud éclate malgré cette convocation. Signe que les prises de position politique ne suffisent pas : il faut restructurer le financement, les contrats de délégation, la répartition des charges entre les EPCI garants du passif du SMTVD.

Pour les usagers, l'épisode se solde par un soulagement à court terme. Le service ne s'arrête pas. Mais le mal-vivre reste. Sans horaires garantis dans la durée, sans annonce claire d'une trajectoire de sortie de crise, les habitants du sud martiniquais restent dans l'incertitude.

Pour les entreprises implantées dans la zone (commerces, hôtels, restaurants qui reposent sur les flux de salariés et de clientèle), l'incertitude pèse sur les décisions opérationnelles. Un salarié qui ne sait pas s'il pourra venir travailler la semaine prochaine, c'est un absentéisme potentiel à anticiper.

Pour les 270 salariés de Mobilité Sud, l'arrêt de mort a été repoussé. Mais leur situation reste fragile. La cessation de paiement de l'opérateur n'est pas levée par la seule annonce du 18 juillet.

L'échéance à surveiller est celle de septembre. Rentrée scolaire, reprise pleine des activités, mobilisation des transports pour les scolaires. Si à cette date la situation financière de Mobilité Sud n'est pas structurellement stabilisée, un nouveau cycle de crise s'annonce. Et cette fois, la volte-face de 24 heures pourrait ne pas suffire.

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