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Vie chère : deuxième nuit de violences en Martinique

Vie chère : deuxième nuit de violences en Martinique
Flyer RPPRAC. Crédits : RPPRAC

Tirs contre des gendarmes, commerces visés et vols de voitures sous la menace d’armes : la nuit du 19 au 20 octobre a de nouveau été agitée, au deuxième jour de la mobilisation contre la vie chère.

« Aucune revendication ne peut justifier de tels actes » : dès lundi, le préfet de la Martinique avait condamné les violences de la première nuit. Il a réitéré ce mardi 20 octobre, après une nuit marquée par une multiplication des barrages et des « violences urbaines graves ». À Ducos, des gendarmes ont essuyé plusieurs tirs d’arme à feu, ce qui a nécessité le déploiement du GIGN, sans faire de blessé. Huit commerces ou entreprises ont subi des intrusions ou des dégradations à Fort-de-France, au Lamentin, à Sainte-Marie et aux Trois-Îlets, et quatre personnes ont été interpellées en flagrant délit. Six véhicules ont été volés sous la menace d’armes à feu près des barrages. Les principaux axes ont été rendus à la circulation dès 8 heures et le préfet doit réunir l’ensemble des maires cet après-midi.

La nuit précédente, plus d’une vingtaine de barrages, dont certains incendiés, avaient été recensés dans 18 communes. Six personnes avaient été interpellées, un commerce de Saint-Pierre et un grossiste pharmaceutique du Robert saccagés. La préfecture avait aussi relevé cinq vols à main armée au Lamentin et à Fort-de-France, commis notamment par une équipe lourdement armée s’exprimant en créole saint-lucien qui « semble profiter de la situation ».

La ministre appelle à « la responsabilité de chacun »

Lundi soir, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, avait fait le point avec les préfets après les « graves incidents » survenus en Guadeloupe, à La Réunion et en Martinique. Dans un communiqué, elle avait apporté son « soutien le plus ferme » aux policiers, aux gendarmes et aux secours, dont plusieurs avaient été blessés dans les Outre-mer, estimant que « rien ne justifie qu’on s’attaque à ceux qui risquent leur intégrité physique pour protéger les autres ».

La ministre avait jugé « légitimes » les inquiétudes sur la vie chère, le carburant et les conditions d’études des jeunes, tout en refusant les violences : « On ne peut pas prétendre défendre le pouvoir d’achat et l’égalité des droits en pillant des magasins, en empêchant des salariés d’aller travailler ou en pénalisant les familles que l’on prétend défendre. » En appelant à la responsabilité de chacun, elle avait conclu : « Nos territoires ont besoin de solutions, pas de nouvelles destructions, pas de nouvelles agressions. »

Transports et croisière à l’arrêt

Lundi, le réseau Centre de la Régie des transports de Martinique, TCSP compris, était à l’arrêt, plusieurs lignes du Nord n’étaient plus desservies et le transport maritime fonctionnait en service réduit, selon La 1ère. Plusieurs collèges et lycées ont basculé en enseignement à distance et le CHU a activé sa cellule de crise.

Le Coral Princess, qui devait ouvrir ce mardi la saison de croisière avec quelque 2 200 passagers, a annulé son escale. D’après RCI, il a été dérouté vers Antigua et un second paquebot attendu vendredi pourrait l’imiter. Alexandre Ventadour, président du Comité martiniquais du tourisme, a déploré « une nouvelle difficile ».

Une mobilisation modeste à Dillon

Le Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéens (RPPRAC) avait fixé au 19 octobre la reprise de sa mobilisation, dénonçant des engagements non tenus. Lundi, il a réuni quelques dizaines de militants devant l’hypermarché Carrefour de Dillon, à Fort-de-France, en présence des forces de l’ordre selon La 1ère. Une affluence bien moindre qu’en octobre 2024, souligne Antilla, mais suffisante pour que l’enseigne ferme en milieu d’après-midi. Ce mardi 20 octobre, le RPPRAC appelait à une mobilisation à 14h devant Mr Bricolage et Decathlon au Lamentin.

 Dans une lettre ouverte du 16 octobre, le mouvement réclamait le départ du préfet et la démission du président du conseil exécutif de la CTM pour reprendre le dialogue. Les communiqués préfectoraux n’attribuent pas les barrages au RPPRAC.

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