Après plusieurs nuits de violences urbaines, la préfecture a fait état d’un « calme relatif » dans la nuit du 19 au 20 octobre, tandis que le collectif Nou Las Palé réclame toujours le départ du préfet.
Treize interpellations, une bijouterie cambriolée à Basse-Terre, un commerce forcé à Saint-François et des tentatives de barrages à Goyave, Vieux-Habitants et au Gosier : la nuit du 19 au 20 octobre a été plus calme que la veille en Guadeloupe, selon le bilan de la préfecture établi mardi à 6 heures. À Saint-François, une dizaine d’individus ont jeté des pierres sur les forces de l’ordre : quatre ont été interpellés et la caisse volée a été récupérée. Aucun affrontement ni pillage d’ampleur n’a été relevé. Mardi matin, la circulation était fluide, sauf sur la N2 à Rivière-des-Pères, à Basse-Terre, où une bande de jeunes affrontait les forces de l’ordre. Le préfet Thierry Devimeux s’est rendu à Ecomarket, aux Abymes, avec la police nationale, puis à Sainte-Rose avec les gendarmes, pour leur témoigner son soutien. Dans cette commune, une femme de 24 ans a été tuée par balles dans la nuit, un homicide sans lien avec les violences urbaines selon la préfecture.
Cette accalmie succède à plusieurs nuits agitées. Le 16 octobre, six policiers avaient été blessés et des gendarmes visés par des « jets d’acide ». Trois policiers avaient ensuite été blessés par balles, selon la préfecture. Dans la nuit du 18 au 19 octobre, 44 personnes avaient été interpellées, dont plus de la moitié de mineurs, d’après Outremers 360. Le préfet avait instauré un couvre-feu pour les mineurs à Pointe-à-Pitre et aux Abymes.
« Le mépris ne fait pas autorité »
Les discussions restent rompues avec Nou Las Palé, collectif qui bloquait des axes routiers depuis le mercredi 14 octobre, et dont le préfet conteste la légitimité. Dans un communiqué publié mardi, le collectif lui reproche de l’avoir qualifié de simple « agrégation de personnes » et de refuser de le recevoir, jugeant qu’il n’est plus « un interlocuteur crédible ». Il réclame son départ et « des actes sur les carburants, l’eau potable et la survie des entreprises ».
Lundi soir, la ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, avait fait le point avec les préfets ultramarins. Elle avait apporté son « soutien le plus ferme » aux forces de l’ordre et aux secours, dont plusieurs avaient été blessés. Jugeant « légitimes » les inquiétudes sur la vie chère et le carburant, elle avait averti : « On ne peut pas prétendre défendre le pouvoir d’achat et l’égalité des droits en pillant des magasins, en empêchant des salariés d’aller travailler ou en pénalisant les familles que l’on prétend défendre. » Et d’ajouter : « Manifester est un droit. Vivre, circuler et travailler en sécurité aussi. »
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