Depuis le 7 septembre, plus aucune ligne régulière ne circule en Martinique. Le Nord et le Centre sont à l'arrêt depuis le 1er septembre, le Sud a suivi. En cause : un blocage budgétaire, pas un conflit social.
Depuis le lundi 7 septembre 2026, en pleine rentrée scolaire, la Martinique ne dispose plus d'aucun réseau de bus régulier. Les lignes du Nord Atlantique, du Nord Caraïbe et du Centre sont à l'arrêt depuis le mardi 1er septembre, celles du réseau SudLib depuis le 7. Seuls circulent encore le transport collectif en site propre (TCSP) et les circuits scolaires. Salariés, lycéens, étudiants et personnes âgées se retrouvent sans solution collective au moment où la rentrée concentre les déplacements.
L'interruption ne résulte ni d'une grève ni de pannes. Dans un communiqué diffusé le 1er septembre, la Régie des transports de Martinique indiquait que les lignes du Nord Atlantique et du réseau Caraïbes n'étaient plus desservies jusqu'à nouvel ordre, la situation étant identique sur le Centre. Interrogé par RCI, un chauffeur de la Setrac, délégué Sud Solidaires, insistait : « On n'est pas en grève. Pas du tout. »
Des marchés échus, des crédits manquants
Martinique Transport, l'autorité organisatrice qui gère environ 200 lignes, a précisé l'origine du blocage : les marchés publics liant l'établissement aux transporteurs sont arrivés à échéance le 31 août à minuit. Des décisions de renouvellement avaient été prises en amont, mais leur mise en œuvre se heurte à l'absence de crédits budgétaires permettant d'émettre les bons de commande. Sans support contractuel, les transporteurs estiment ne pas pouvoir engager leurs véhicules. Aucune date de reprise n'est annoncée.
Le Sud à son tour
Le 3 septembre, le délégataire SudLib annonçait par communiqué la suspension de l'ensemble de ses lignes à compter du 7 septembre et « jusqu'à nouvel ordre ». Il explique ne plus disposer des moyens financiers nécessaires pour couvrir le carburant, l'entretien et la maintenance des véhicules, les sommes versées n'étant plus à la hauteur des besoins, et présente ses excuses aux usagers.
Le contexte est connu depuis l'été. Lors de la plénière de la collectivité territoriale de Martinique fin juillet, le président du conseil exécutif Serge Letchimy avait chiffré la situation de Martinique Transport à 11 millions d'euros de recettes commerciales pour 165 millions de dépenses, et prévenu que « la rentrée scolaire peut être hypothéquée » faute de 20 millions sur les 45 nécessaires.
Marche, stop et covoiturage
Sur le terrain, les usagers s'organisent. Dans le Nord, ils marchent, font du stop, se regroupent en voiture ou prennent le taxi, rapporte Martinique la 1ère. Elie Balny, président de l'association de défense des usagers du Nord, qualifie la situation d'« extrêmement grave » et réclame une réaction rapide des collectivités. Dans les groupes d'entraide en ligne, les demandes de covoiturage se multiplient, émanant de familles cherchant à faire conduire un lycéen, parfois avec une carte de transport réglée mais aucun bus pour l'utiliser. Certaines annonces proposent des trajets contre participation, un dispositif dont le cadre légal et assurantiel n'est pas garanti.
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