Quatre heures du matin. C'est l'heure à laquelle les surveillants du centre pénitentiaire de Ducos ont fermé les portes ce lundi 27 avril, pour ne plus les rouvrir jusqu'à nouvel ordre. Plus une activité, plus un parloir, plus une promenade et surtout, plus une seule extraction vers le tribunal judiciaire de Fort-de-France. Le mouvement, lancé à l'appel de l'UFAP-UNSA Justice, est national : il touche aussi la Guadeloupe et la Guyane.
Les revendications, formulées de longue date, tiennent en deux mots : effectifs et surpopulation. À Ducos, 294 surveillants en poste aujourd'hui, et un compte à rebours engagé : 34 postes en moins prévus d'ici septembre 2026, soit plus d'un dixième de l'effectif. Pour un établissement déjà cité parmi les plus surpeuplés de France capacité officielle de 738 places, et plus d'une centaine de matelas au sol l'équation est devenue intenable.
Ce que le blocage paralyse
Le mode opératoire est total. Aucune porte n'est activée, aucune extraction effectuée. Concrètement, cela veut dire que les détenus convoqués devant le tribunal judiciaire de Fort-de-France ou la cour d'appel ne peuvent pas s'y rendre, que les rendez-vous médicaux extérieurs sont annulés, que les transferts entre établissements s'arrêtent. Côté justice, l'effet domino est immédiat : audiences à reporter, comparutions immédiates fragilisées, visioconférences saturées.
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