26,97 euros par an. C'est ce que paie en moyenne un client guyanais pour la tenue de son compte bancaire, selon l'observatoire des tarifs bancaires de l'Institut d'émission des départements d'outre-mer (IEDOM). Dans l'Hexagone, le même service coûte 22,39 euros, soit 4,58 euros de moins. L'écart atteint 20 %.
En un an, ce tarif a augmenté de 1,40 euro, soit +5,48 %. C'est la plus forte hausse relevée dans les départements et collectivités d'outre-mer de la zone euro. Les chiffres portent sur les tarifs aux particuliers au 1er avril 2026, dans les six établissements présents en Guyane : BNP Paribas Antilles-Guyane, BRED-Banque Populaire, Caisse d'épargne CEPAC, Crédit Agricole Martinique-Guyane, Crédit Mutuel Alliance Fédérale et La Banque Postale.
Une hausse continue depuis 2018
Le mouvement n'est pas récent. En 2018, la tenue de compte coûtait 17,23 euros en Guyane. Elle est passée à 21,99 euros en 2022, puis à 25,57 euros en 2025 et 26,97 euros cette année. En huit ans, la hausse atteint 56 %.
La carte bancaire à autorisation systématique suit la même pente, à un rythme moins rapide. Elle coûtait 30,57 euros par an en 2018, contre 36,18 euros aujourd'hui (+18 %). Sur ce produit, l'écart avec l'Hexagone est de 7,16 euros. Selon l'IEDOM, c'est le plus élevé de tous les outre-mer.
Les cartes classiques, à débit immédiat ou différé, coûtent 48,39 euros par an en Guyane. Dans l'Hexagone, elles coûtent environ 44,50 euros, soit près de 3,80 euros de moins.
Plus cher que l'Hexagone, un peu moins que les Antilles
Sur la plupart des services, la Guyane reste légèrement moins chère que la Martinique et la Guadeloupe. La tenue de compte y coûte 28,06 euros en Martinique et 28,41 euros en Guadeloupe.
Les écarts avec l'Hexagone touchent aussi les incidents de paiement. La commission d'intervention, prélevée lors d'une opération qui fait passer le compte à découvert sans autorisation, est facturée en moyenne 7,98 euros en Guyane. Dans l'Hexagone, elle est de 6,45 euros. La banque à distance coûte en moyenne 0,73 euro par mois, contre 0,03 euro dans l'Hexagone : près de 8,80 euros par an, contre 0,36 euro.
Sur quelques postes, la Guyane se distingue favorablement. Elle est le seul territoire d'outre-mer où la commission d'intervention reste sous son plafond légal de 8 euros, parce qu'un établissement y pratique un tarif plus bas. C'est aussi le cas pour le rejet de prélèvement, facturé 19,94 euros, sous le plafond de 20 euros. L'assurance des moyens de paiement, à 26,14 euros par an, est la moins chère des outre-mer.
Ce que la règle impose, et ce qu'elle ne dit pas
Les tarifs bancaires ne sont pas libres dans les outre-mer. Selon l'IEDOM, les établissements des départements d'outre-mer de la zone euro ne peuvent pas facturer plus que la moyenne de leurs propres tarifs dans l'Hexagone. Des réunions annuelles présidées par le préfet, en présence de l'IEDOM, doivent arrêter les mesures tarifaires nécessaires.
Cette règle compare chaque banque à son propre réseau hexagonal. L'observatoire, lui, compare la moyenne guyanaise à celle de toutes les banques de l'Hexagone, établie par le Comité consultatif du secteur financier (CCSF). Depuis 2025, cette moyenne nationale intègre aussi les banques en ligne et les établissements de paiement. Les deux mesures ne disent donc pas la même chose.
Sur les quatorze services de l'extrait standard étudié, huit ont augmenté en Guyane en un an, dont quatre de plus de 50 centimes. Un seul a baissé, un autre est resté stable. Trois sont gratuits : le virement par internet, la mise en place d'un mandat de prélèvement et le paiement d'un prélèvement.
La prochaine étape
L'observatoire ne porte que sur les particuliers. Il ne dit rien des frais facturés aux entreprises et aux professionnels, qui restent hors du champ de la publication.
Pour les clients, les écarts entre établissements ne figurent pas dans le rapport, qui ne publie que des moyennes. Les grilles tarifaires de chaque banque restent la seule base de comparaison. La prochaine mesure de l'IEDOM portera sur les tarifs au 1er octobre 2026. Elle dira si la hausse de la tenue de compte s'est poursuivie au second semestre.
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