En Martinique, le RPPRAC donne jusqu'au 19 octobre aux signataires du protocole contre la vie chère pour obtenir des baisses de prix visibles. Faute de quoi, le mouvement promet de revenir sur le terrain.
Le Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéens (RPPRAC) a fixé au 19 octobre prochain la date limite de son ultimatum sur la vie chère en Martinique. Dans un communiqué daté du 2 septembre, signé par son président Rodrigue Petitot et sa vice-présidente Gladys Roger, le mouvement exige que les engagements pris par l'État, la Collectivité territoriale de Martinique (CTM), les parlementaires, les institutions et les acteurs économiques produisent des résultats « concrets, vérifiables et visibles » sur les prix payés par la population. Sinon, prévient-il, « à compter du 19 octobre, le combat reprend ».
La date n'est pas anodine. Le 16 octobre marquera les deux ans du protocole d'objectifs et de moyens contre la vie chère, signé en 2024 sans le RPPRAC, pourtant à l'origine de la mobilisation. Le mouvement reconnaît des avancées depuis : baisse de certaines taxes, dispositifs sur plusieurs milliers de références, contrôles renforcés, travaux parlementaires, projet de loi sur la vie chère. Mais il estime s'être battu pour une baisse durable des prix, pas pour des rapports et des promesses.
Des revendications toujours en attente
Le communiqué énumère les mesures qu'il juge encore en souffrance : réduction effective des frais d'approche, tarif export, transparence réelle sur les marges et la formation des prix, moyens de contrôle renforcés, développement des approvisionnements régionaux et réforme structurelle du modèle économique. Interrogée par RCI, Gladys Roger rappelle que plus de 120 recommandations ont été formulées par le Sénat ou l'Autorité de la concurrence, sans qu'aucune, selon elle, n'ait été mise en œuvre.
Le RPPRAC élargit aussi son propos à la situation sociale de l'île. Il dénonce un « effet ciseau » entre bas salaires et prix élevés, qui nourrirait pauvreté, précarité et tensions, et affirme que combattre la violence passe aussi par la lutte contre ces conditions économiques.
Des modes d'action tenus secrets
Sur la forme que prendra la mobilisation, le mouvement ne dit rien. Son communiqué ne mentionne ni grève, ni blocage, ni rassemblement. « Ce sera une surprise pour ceux qui verront le mouvement arriver à leur porte », a déclaré Gladys Roger à RCI, promettant d'aller sur le terrain et d'employer les moyens nécessaires pour contraindre les décideurs.
Le précédent de 2024 reste dans les mémoires. Le 19 octobre 2024 déjà, comme le rapportait alors la 1ère, lors d'un rassemblement au marché couvert de Dillon, à Fort-de-France, Rodrigue Petitot avait annoncé une deuxième phase du mouvement avec un blocage général à partir du 21 octobre.
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