Mercredi 27 mai 2026, un policier en poste à l'aéroport Félix-Éboué et deux réservistes ont été présentés à un juge d'instruction à Fort-de-France dans une enquête pour trafic de cocaïne entre la Guyane et l'hexagone. Conduite par l'OFAST, l'enquête couvre les faits supposés de janvier 2023 à mai 2026. Le syndicat Alliance Police Nationale réclame des moyens supplémentaires. Un scanner à ultrasons pour détecter les boulettes ingérées par les mules est attendu opérationnel en septembre 2026.
Le dossier secoue le commissariat de Cayenne. Mercredi 27 mai 2026, un policier en fonction à l'aéroport international Félix-Éboué de Matoury et deux réservistes de la police ont été présentés à un juge d'instruction à Fort-de-France, dans le cadre d'une enquête conduite par l'Office anti-stupéfiants (OFAST) pour trafic de cocaïne entre la Guyane et l'hexagone. Les soupçons portent sur une période étendue allant de janvier 2023 à mai 2026, ce qui suggère un système organisé sur plusieurs années, et non un incident ponctuel.
Selon les premiers éléments rendus publics, les mis en cause sont soupçonnés d'avoir facilité le passage de mules convoyant de la cocaïne ingérée ou dissimulée vers les vols Cayenne-Paris. L'enquête, débutée en 2024, a mobilisé des moyens techniques (interceptions, surveillances physiques, croisement de données aéroportuaires), et a abouti aux interpellations de mai 2026. Le juge d'instruction examinera désormais l'éventualité d'une mise en examen et de mesures de sûreté.
Ce que dit ce dossier de la pression sur l'aéroport
L'aéroport Félix-Éboué est, depuis plusieurs années, identifié comme un point de tension majeur du dispositif anti-narcotrafic français. Selon les estimations des services douaniers et de la police, environ 30 mules parviennent à embarquer quotidiennement sur les vols Cayenne-Paris, malgré les contrôles. Le bassin caribéen reste l'une des principales routes de la cocaïne d'Amérique du Sud vers l'Europe, et la Guyane est, par sa géographie et son statut européen, un nœud de cette chaîne. Les réseaux exploitent l'extrême pauvreté d'une partie de la population guyanaise (plus de la moitié sous le seuil de pauvreté national) et des migrants sans-papiers (en provenance notamment du Suriname et du Brésil) pour recruter les convoyeurs.
Dans ce contexte, la complicité interne au sein des forces de l'ordre est un sujet sensible mais documenté. Plusieurs affaires antérieures ont mis en cause des agents douaniers, des policiers, des agents de sociétés aéroportuaires ou des personnels navigants. Le dossier ouvert en 2024 et présenté ce mercredi est, par son ampleur et sa durée présumée, l'un des plus structurants de ces dernières années.
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