Visé par une vague de messages racistes depuis qu'il a dit son angoisse face à la montée de l'extrême droite, le judoka guadeloupéen annonce que chaque attaque sera désormais documentée. Le parquet de Paris a ouvert une enquête.
C’est sur son compte X que Teddy Riner a répondu, jeudi 24 septembre, aux messages haineux et racistes qui le visent depuis son passage du 16 septembre dans l'émission Stade 2. Il y avait confié son inquiétude face à la montée de l'extrême droite. « Suite à ma prise de parole du 16 septembre, de nombreux tweets, publications, commentaires et messages à caractère haineux ou raciste ont circulé sur les réseaux sociaux à mon encontre », écrit le quintuple champion olympique. La veille, le parquet de Paris avait ouvert une enquête pour injures publiques racistes et cyberharcèlement.
Dans ce message, le judoka distingue la critique de l'insulte : « Le débat et la contradiction sont légitimes. La haine et le racisme ne le sont pas. » Il prévient que tout propos de ce type « sera documenté et, lorsque les faits le justifieront, fera l'objet des suites judiciaires appropriées ». Il conclut : « Je continuerai à m'exprimer librement, avec respect et sans haine. »
Une enquête ouverte d'office
Le parquet de Paris qui a annoncé l'enquête le mercredi 23 septembre, indique avoir relevé de « nombreux messages haineux en ligne » visant le sportif sur X et Instagram, précise avoir agi de sa propre initiative, et a confié les investigations à l'Office central de lutte contre les crimes contre l'humanité et les crimes de haine (OCLCH).
« Appelons un chat un chat »
Tout part de l'entretien diffusé le 16 septembre. Le judoka est alors éloigné des tatamis. Dès le 5 août, il avait annoncé son forfait pour le tournoi de Lima, à la suite d'une blessure survenue à l'entraînement. Il a ensuite dû renoncer aux championnats du monde en raison d'une blessure à l'épaule. Pourtant, c'est la situation du pays qui l'inquiète davantage. « Ce qui m'angoisse c'est la tournure que prend le pays », avait-il déclaré. Il avait ensuite précisé, selon franceinfo : « La montée de l'extrême droite, appelons un chat un chat. »
Dès le lendemain, Pascal Praud a consacré à ces propos son édito de L'Heure des pros, sur CNews. « Teddy Riner ne craint pas l'insécurité, la dette, l'islamisme… Non ! », a lancé l'animateur. Il a reproché au judoka de s'acheter « un brevet de bonne conscience à peu de frais ». Le député et porte-parole du RN Julien Odoul a de son côté ironisé sur X : « Pauvre biquet. Tout va bien se passer Teddy ! », rapporte Outre-mer La 1ère.
« Le droit de s'exprimer appartient à chaque citoyen »
Teddy Riner avait répondu à Pascal Praud sur X le 17 septembre. Il y écrivait qu'« être sportif de haut niveau n'empêche pas de garder les pieds sur terre et de porter un regard attentif sur son pays ». Il détaillait ses inquiétudes : « la colère qui monte, les fins de mois difficiles, le respect de nos institutions qui s'effrite ». Puis il ajoutait : « Qu'on ne partage pas mon avis, c'est le jeu du débat. Mais le droit de s'exprimer appartient à chaque citoyen, quel que soit son parcours. »
Âgé de 37 ans, le Guadeloupéen espère finir sa carrière par un nouveau titre olympique à Los Angeles en 2028. Il a plusieurs fois laissé entendre qu'il pourrait ensuite s'engager en politique.
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