La Collectivité territoriale de Martinique a informé le 11 septembre la Région Guadeloupe et la SA SAGIPAR de son retrait du capital de cette société de capital-investissement, et lui propose ses 7 503 actions pour 1 038 105 euros.
C'est par courrier que la Martinique a engagé sa sortie. Le 11 septembre 2026, Serge Letchimy, président du conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Martinique (CTM), a prévenu son homologue du conseil régional de Guadeloupe, Ary Chalus, ainsi que le président de la SA SAGIPAR, de sa décision de quitter le capital de cette société de capital-investissement à vocation interrégionale. Il propose dans le même mouvement à la Région de lui racheter les 7 503 actions détenues par la Martinique, pour 1 038 105 euros au total, soit environ 138,36 euros l'action.
La CTM ne claque pas la porte du jour au lendemain. Selon son communiqué, la décision vient au bout de plusieurs années de démarches destinées à refondre SAGIPAR, à clarifier sa gouvernance et à mettre sa gestion en conformité avec les règles juridiques et financières qui s'imposent à une collectivité. Une dernière tentative de refondation, engagée en 2025 avec la Région Guadeloupe et les instances de la société, n'a pas abouti. « La Martinique a besoin d'outils financiers puissants, modernes et pleinement opérationnels », résume Serge Letchimy.
Une société d'investissement née en 1989
Derrière l'acronyme, il y a la Société Antilles Guyane d'investissement et de participations, une société anonyme à conseil d'administration immatriculée en 1989 au registre du commerce de Pointe-à-Pitre sous le numéro 352 397 780. Son siège se trouve à Baie-Mahault, dans la zone industrielle de Jarry, en Guadeloupe. Ses annonces légales font état d'un capital de 4 797 315 euros, pour une activité déclarée de fonds de placement.
Le métier de SAGIPAR, c'est l'entrée au capital des PME de Guadeloupe et de Martinique, en capital-risque comme en capital-développement, pour accompagner un développement ou une transmission d'entreprise. Les deux collectivités régionales en sont les actionnaires publics de référence et siègent à son conseil d'administration. La Commission européenne la rangeait d'ailleurs, dans ses décisions sur les aides d'État, parmi les trois sociétés d'investissement régionales des outre-mer, avec Alysé-Guyane et Réunion développement.
Quatre dispositifs en préparation
Ce retrait, la CTM le présente comme un point de départ plutôt qu'un renoncement. Quatre outils financiers proprement martiniquais sont annoncés en préparation : un prêt participatif multibanques, un fonds de garantie pour l'agriculture, la pêche et l'aquaculture, un autre pour l'économie sociale et solidaire, et un prêt d'amorçage baptisé « Lévé Matinik ». Un fonds d'investissement ouvert au secteur privé est également à l'étude.
Restent les zones d'ombre. Le communiqué ne dit rien du calendrier de la cession, ni de la part du capital que représentent ces 7 503 actions, ni de la manière dont le prix a été fixé. Quant à la Région Guadeloupe, elle n'avait pas fait connaître publiquement sa réponse au 15 septembre. SAGIPAR non plus.
Cet article vous a plu ?
Inscrivez-vous gratuitement pour recevoir les prochains directement par email.
Pas de publicité, pas de spam, données jamais revendues.

À lire aussi
Budget 2027 : Christian Baptiste alerte sur les moyens des communes ultramarines
sept. 15, 2026
Les Martiniquais privés de bus
sept. 12, 2026
Trump place les Antilles sous bannière étoilée
sept. 12, 2026