Le 21 avril 2026, la Martinique officialise la gestion de son extension internet .mq par l’Afnic, avec des effets attendus sur l’accès, la sécurité et la visibilité.
La Martinique franchit une étape structurante dans son développement numérique. La Collectivité territoriale de Martinique a annoncé le 21 avril dernier que l’extension internet .mq serait désormais gérée par Afnic, à l’issue d’une procédure lancée par l’État.
Cette décision met fin à une situation jugée insatisfaisante. La CTM rappelle s’être mobilisée « de longue date pour sortir le .mq d'une situation de gestion de facto, sans réel cadre officiel ni garanties pour les utilisateurs ». L’aboutissement de cette démarche « ouvre la voie à une gestion plus sûre, plus accessible et mieux ancrée dans les réalités martiniquaises ».
Un changement concret pour les utilisateurs
Le .mq est ce que l’on appelle une extension internet territoriale, au même titre que le .fr pour la France. Concrètement, il s’agit de la partie finale d’une adresse web qui permet d’identifier un site comme étant lié à la Martinique. Jusqu’ici, son fonctionnement reposait sur une organisation peu encadrée. La désignation d’un opérateur reconnu change directement la donne.
La CTM souligne que cette évolution permettra « une baisse du prix des noms de domaine en .mq », rendant leur accès plus facile pour les entreprises, associations ou particuliers. Elle insiste aussi sur « une sécurisation de la gestion technique et administrative, avec des standards équivalents à ceux appliqués au .fr ».
Cette harmonisation est significative. L’Afnic gère déjà plusieurs extensions françaises, dont le .fr mais aussi celles de territoires ultramarins comme le .re ou le .yt. Elle applique des règles strictes en matière de fiabilité, de protection des données et de continuité du service, ce qui garantit une meilleure stabilité pour les utilisateurs.
Un levier de développement économique et identitaire
Au-delà des aspects techniques, cette décision est présentée comme un outil de développement. La CTM met en avant « une meilleure valorisation du .mq comme marqueur identitaire fort sur internet », au service du rayonnement du territoire.
Disposer d’une extension fiable et accessible permet aux entreprises locales d’affirmer leur ancrage territorial, notamment dans leurs activités en ligne. Cela peut renforcer leur visibilité, leur crédibilité et leur compétitivité, en particulier dans des secteurs comme le tourisme, le commerce ou les services numériques.
Le communiqué insiste également sur l’engagement de l’Afnic « en faveur du développement de l’écosystème numérique martiniquais ». L’association, à but non lucratif, consacre une partie de ses ressources à des actions d’intérêt général, notamment via la Fondation Afnic pour la solidarité numérique, qui finance des projets visant à réduire les inégalités d’accès au numérique.
Une transition progressive
La mise en œuvre de cette nouvelle organisation se fera progressivement. « Les mois à venir seront consacrés à la transition opérationnelle entre l'Afnic et l'opérateur sortant, dans le respect de la continuité du service », précise la collectivité. Parallèlement, un dialogue sera engagé avec les acteurs locaux pour définir les modalités concrètes de gestion du .mq.
Pour Serge Letchimy, « c'est une victoire pour la Martinique », qui permet de placer « l'intérêt des utilisateurs martiniquais au cœur de la démarche ». Le directeur général de l’Afnic, Pierre Bonis, évoque de son côté « une opportunité concrète pour les entreprises et les acteurs économiques martiniquais ».
À travers cette évolution, la Martinique se dote ainsi d’un outil numérique plus fiable et plus visible, susceptible d’accompagner son développement économique et son rayonnement dans l’espace numérique.
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