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En Martinique, la contestation contre la loi SURE s’inscrit dans la durée

En Martinique, la contestation contre la loi SURE s’inscrit dans la durée
Des avocats du barreau de Martinique mobilisés contre le projet de loi sur la sûreté. | Barreau de Martinique

Depuis fin mars 2026, avocats et magistrats se mobilisent en Martinique contre la loi SURE, adoptée au Sénat le 14 avril dernier.

Entamée fin mars, la mobilisation des professionnels du droit se prolonge en Martinique contre le projet de loi gouvernemental SURE « sanction utile, rapide et effective », examiné au Sénat le 13 avril et finalement adopté à 219 voix contre 111 le lendemain. Un projet porté par Gérald Darmanin visant à accélérer le traitement des affaires criminelles alors qu’environ 6 000 dossiers sont en attente de jugement, avec des délais d'attente qui peuvent aller jusqu’à six ou huit ans.

Plusieurs mesures de ce projet, en particulier celle du « plaider-coupable », a entraîné en Martinique, comme sur l’ensemble du territoire national, une forte mobilisation des avocats mais aussi des magistrats. 

Le 1er avril dernier, la bâtonnière Pascaline Jean-Joseph a annoncé que « le barreau de Martinique se [joignait] à la mobilisation nationale pour dénoncer une réforme de la justice criminelle qu’il estime préoccupante ». Et de préciser qu’« une grève générale — particulièrement rare dans la profession — a[vait] été décrétée », impliquant « l’absence d’avocats lors des audiences ainsi qu’en garde à vue ».

Le 13 avril, tandis que le texte était examiné au Sénat, la contestation s’est exprimée dans la rue. Avocats, greffiers et magistrats ont défilé à Fort-de-France dans le cadre d’une journée nationale « justice morte », marquant « le rejet massif du projet de loi ».

Une réforme au cœur des inquiétudes

Le 11 avril, Pascaline Jean-Joseph rappelait que « les ordres d’Avocats français, les associations de victimes, les syndicats et collectifs d’avocats et le syndicat de la magistrature » étaient « tous mobilisés contre un projet de loi qui bafoue les principes fondamentaux du Droit pénal tel le principe du contradictoire ». Elle soulignait également que « la collégialité des juges [est] indispensable pour éviter l’arbitraire et les erreurs judiciaires ». Elle mettait en cause le dispositif central du texte, estimant que « le plaider coupable criminel proposé revient à juger un crime sans audience, sans témoin, sans expert ». Un mécanisme qui conduit, selon elle, à « une peine négociée jusqu’à 30 ans », dans « un processus déshumanisé pour réduire les stocks d’affaires qui s’entassent dans les tribunaux ». Elle regrettait en outre que « décider de mettre les moyens pour une justice humaine et respectueuse des droits de chacun » n’ait pas été envisagé.

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