Réunies au sein de Guadeloupe Économique, les principales organisations patronales et consulaires de l’archipel alertent sur une crise du BTP qui menace entreprises, emplois et projets structurants.
Le secteur du bâtiment et des travaux publics traverse une période particulièrement difficile en Guadeloupe. Réunies au sein de Guadeloupe Économique, qui rassemble plusieurs organisations représentatives du tissu économique local, la Chambre de commerce et d’industrie des Îles de Guadeloupe, la Chambre de métiers et de l’artisanat de région Guadeloupe, le Medef Guadeloupe, la CPME Guadeloupe, l’UDE-Medef Guadeloupe, la Fédération régionale du BTP, l’UMIH Guadeloupe, l’Union des industries et métiers de la métallurgie ainsi que le Cluster maritime de Guadeloupe ont lancé une alerte sur la situation du secteur. Dans un communiqué publié le 8 juin, elles évoquent une crise susceptible d’avoir de lourdes conséquences économiques et sociales pour l’archipel.
Selon les signataires, la situation trouve son origine dans la fermeture d’une carrière essentielle à l’approvisionnement du marché local. Cette interruption a profondément désorganisé la filière en contraignant les entreprises à se fournir hors de la Guadeloupe pour obtenir les matériaux nécessaires à la poursuite des chantiers.
Guadeloupe Économique explique que cette nouvelle organisation génère des coûts supplémentaires importants. Les entreprises doivent désormais assumer des dépenses accrues liées au transport, à la logistique et aux délais d’acheminement. L’organisation estime que cette situation exceptionnelle, indépendante de la volonté des professionnels, « bouleverse l’équilibre économique des marchés en cours ».
Pourtant, les représentants du monde économique regrettent que « de nombreuses collectivités et maîtres d’ouvrage publics refusent à ce jour de prendre en compte ces surcoûts exceptionnels », malgré les dépenses supplémentaires supportées quotidiennement par les entreprises.
Les conséquences se font déjà sentir sur le terrain. Le collectif évoque une « dégradation rapide de la trésorerie des entreprises », une « impossibilité d’exécuter les commandes en cours » ainsi que des « reports ou ralentissements d’opérations ». Les organisations mettent également en garde contre les « menaces sur l’emploi local » et les « risques de défaillances d’entreprises et de pertes de compétences indispensables au développement du territoire ».
Une activité freinée par les difficultés administratives
À ces tensions sur l’approvisionnement s’ajoute un ralentissement de la délivrance des permis de construire. Dans leur communiqué, les organisations économiques soulignent que les difficultés rencontrées dans les domaines de l’alimentation en eau potable et de l’assainissement contribuent à retarder de nombreux dossiers.
Cette situation entraîne le report de projets de logements, d’équipements publics et d’investissements privés. Guadeloupe Économique constate que ces retards réduisent encore l’activité du secteur alors même que « les besoins du territoire demeurent importants ».
Selon le collectif, la combinaison des difficultés d’approvisionnement, de l’augmentation du coût des matériaux et des retards administratifs « fragilise l’équilibre économique de nombreuses opérations » et menace la réalisation de projets jugés structurants pour la Guadeloupe.
Un appel à des mesures exceptionnelles
Face à l’urgence, Guadeloupe Économique appelle l’État, les collectivités, les établissements publics et les donneurs d’ordre à engager « sans délai » un dialogue avec les représentants de la profession. Les signataires demandent notamment « la reconnaissance des surcoûts réels liés à l’approvisionnement extérieur », « l’adaptation des marchés publics en cours lorsque les conditions économiques ont été profondément modifiées », mais aussi « la préservation du tissu économique local et des emplois » et « la sécurisation des projets d’investissement indispensables au développement de la Guadeloupe ».
À quelques mois du Tour cycliste de la Guadeloupe et de la Route du Rhum, les organisations signataires rappellent que « le BTP constitue un pilier majeur de l’économie guadeloupéenne ». Elles soulignent que derrière chaque entreprise se trouvent des professionnels qui participent à la construction des logements, des infrastructures, des équipements publics et des réseaux nécessaires au développement du territoire.
Les représentants du monde économique estiment que « sans réaction rapide des pouvoirs publics », l’ensemble de la filière risque de s’enfoncer dans une crise aux conséquences majeures. Dans ce contexte, Guadeloupe Économique lance « un cri d’alerte » et appelle à une mobilisation collective, considérant que « l’heure n’est plus au constat mais à l’action ».
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