Les territoires ultramarins et la Corse affichent les taux les plus élevés d’atteintes à la probité en France. En 2025, 1 125 infractions ont été enregistrées, en hausse de 16 %, avec des niveaux jusqu’à quatre fois supérieurs à la moyenne nationale dans certains DROM et collectivités ultramarines.
Les atteintes à la probité continuent de progresser en France et les territoires ultramarins demeurent parmi les plus touchés. Dans une étude publiée en avril 2026, le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) indique que 1 125 infractions d’atteinte à la probité ont été enregistrées par la police et la gendarmerie nationales en 2025, après 968 en 2024. Le nombre d’atteintes à la probité enregistrées poursuit donc sa hausse en 2025 (+16 % après 11 % l’année précédente).
Selon cette publication réalisée avec l’Agence française anticorruption, en comparaison avec la France métropolitaine, la Corse et les départements et régions d’Outre-mer concentrent toujours un nombre plus élevé d’atteintes à la probité enregistrées rapportées au nombre d’habitants. Le SSMSI souligne également que ce taux, « également plus important dans les collectivités d’Outre-Mer, reste stable sur la période ».
Les atteintes à la probité regroupent plusieurs infractions prévues par le code pénal : corruption, trafic d’influence, concussion, favoritisme, prise illégale d’intérêts ou encore détournement de fonds publics. La corruption reste la catégorie la plus dynamique. En 2025, les infractions liées à la corruption ont progressé de 35 %, avec 451 faits recensés contre 334 un an plus tôt.
Le SSMSI relève aussi que ces infractions sont souvent associées à d’autres formes de délinquance. « Près de la moitié de ces infractions connexes sont des actes relevant de la fraude et de la tromperie, tandis que 7 % de ces infractions sont en lien avec le trafic de stupéfiants », note l’étude. Les faits liés aux stupéfiants concernent majoritairement des actes de corruption active ou passive.
Les territoires ultramarins apparaissent parmi les plus exposés sur la période 2016-2025. Le rapport indique que « les infractions d’atteinte à la probité rapportées à la population se concentrent plus particulièrement dans les départements et régions d’Outre-mer (DROM) et en Corse ». La Corse-du-Sud et la Haute-Corse enregistrent respectivement « 5,9 et 6,3 infractions en moyenne par an pour 100 000 habitants » sur la période.
Les cinq DROM comptabilisent entre 2,4 et 5,4 infractions par an en moyenne pour 100 000 habitants, alors que la moyenne nationale s’établit à 1,2. Les taux observés dans les territoires ultramarins apparaissent ainsi deux à quatre fois supérieurs à la moyenne française. Le SSMSI précise que cela représente 69 infractions par an en moyenne dans les DROM entre 2016 et 2025, avec 57 infractions comptabilisées en 2025.
La Guadeloupe, la Martinique, La Réunion, la Guyane et Mayotte figurent ainsi parmi les territoires les plus concernés. Les données de l’enquête « Vécu et ressenti en matière de sécurité » montrent d’ailleurs que les habitants ultramarins sont directement confrontés au phénomène. Selon le SSMSI, 188 000 personnes de 18 ans et plus vivant en France métropolitaine, en Martinique, en Guadeloupe ou à la Réunion déclarent avoir été confrontées à une situation de corruption dans le milieu professionnel en 2023. Cela représente 0,4 % de l’ensemble de la population majeure. Le service statistique ajoute que moins de 1 % des personnes physiques concernées indiquent avoir porté plainte auprès des services de sécurité.
Des niveaux élevés aussi dans les collectivités ultramarines
Les collectivités ultramarines affichent elles aussi des niveaux supérieurs à ceux observés dans l’Hexagone. Le rapport indique que « ces taux annuels moyens atteignent 4,2 pour 100 000 habitants en Polynésie française et 2,1 pour 100 000 habitants en Nouvelle-Calédonie », contre 1,2 au niveau national.
Le SSMSI appelle toutefois à la prudence pour les territoires moins peuplés comme Saint-Barthélemy, Saint-Pierre-et-Miquelon, Wallis-et-Futuna ou les îles du Nord, où « les taux sont fragiles à interpréter » en raison du faible nombre d’infractions recensées.
Sur l’ensemble des collectivités ultramarines, les atteintes à la probité demeurent néanmoins à un niveau élevé et relativement stable. « On y compte 22 infractions par an en moyenne entre 2016 et 2025 », souligne l’étude, tandis que « treize ont été recensées en 2025 », des chiffres encore provisoires selon le SSMSI.
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