Patrick M. a été condamné lundi 26 octobre à douze mois de prison, dont quatre avec sursis probatoire, pour des messages saluant la tuerie raciste de Trappes. L’affaire a soulevé l’indignation de la population et de toute la classe politique martiniquaise.
Deux commentaires Facebook, une saisine du procureur, une garde à vue, un rassemblement devant la gendarmerie et, en moins de trois jours, une condamnation. Lundi 26 octobre, à Fort-de-France, Patrick M., résident de Sainte-Luce, a été condamné pour apologie du terrorisme à douze mois d’emprisonnement, dont quatre avec sursis probatoire, soit huit mois ferme. Le tribunal a également prononcé une interdiction de séjour en Martinique pendant trois ans, dix ans d’inéligibilité, dix ans de privation des droits civiques et un suivi socio-judiciaire de trois ans.
En cause, des messages publiés après l’attaque du 23 octobre à Trappes et La Verrière (Yvelines), qui a fait un mort et cinq blessés, et pour laquelle le parquet national antiterroriste a ouvert une enquête pour assassinat en relation avec une entreprise terroriste, à raison de l’appartenance vraie ou supposée des victimes à une race, une ethnie ou une religion. « Il faudrait plus de Kévin » et « C’est bien, le grand nettoyage va commencer », avait notamment écrit Patrick M..
Mobilisation jusque devant la gendarmerie
Repérés et relayés sur les réseaux sociaux, les messages ont rapidement provoqué un tollé. Dès le samedi 24 octobre, le maire de Sainte-Luce, Nicaise Monrose, avait saisi le procureur de la République pour incitation à la haine raciale et provocation à la violence, tout comme le député Marcellin Nadeau. La fédération Les Républicains de Martinique avait annoncé son intention de porter plainte. Le lendemain, alors que l’homme était placé en garde à vue, un groupe de militants s’est rassemblé devant la gendarmerie de Sainte-Luce.
Une classe politique unanime
Dès le 25 octobre, le maire du Diamant, Hugues Toussay, avait dénoncé des propos « profondément révoltants », rappelant avoir lui-même porté plainte en 2020 pour des faits similaires, tout en prévenant : « Les paroles d’un individu ne sauraient être attribuées à toute une communauté. » La Ville des Trois-Îlets a condamné les propos racistes « ainsi que les appels à la violence », et appelé « au calme, à la responsabilité et au respect de l’État de droit ».
Le président du conseil exécutif de la CTM, Serge Letchimy, a salué la décision et « la réactivité de la justice », estimant que « la liberté d’expression ne saurait servir de refuge à la haine raciale ». Plus virulent, le député Jean-Philippe Nilor s’est interrogé : « Comment a-t-il pu s’imaginer que le peuple martiniquais resterait passif face à ce racisme décomplexé à son encontre ? » Avant de trancher : « Venir vivre en Martinique, ça se mérite ! »
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