Le 27 mars 2026, Air France a opéré son dernier vol commercial entre Pointe-à-Pitre et Paris-Orly, mettant fin à une desserte ouverte en 1946.
Une page de l’histoire aérienne guadeloupéenne s’est tournée à la fin du mois de mars. Le vendredi 27 mars 2026, Air France a assuré son dernier vol commercial entre Pointe-à-Pitre et Paris-Orly, marquant la fin d’une liaison emblématique entre la Guadeloupe et l’Hexagone. L’annonce a été relayée par l’aéroport Guadeloupe Maryse Condé, qui rappelle que cette route était exploitée depuis le 24 juin 1946.
Dans un message publié à l’occasion de cette dernière rotation, l’aéroport souligne que cette ligne a été « bien plus qu’une route aérienne » et qu’elle a constitué « l’épine dorsale de la continuité territoriale entre la Guadeloupe et la France hexagonale ». Il évoque aussi « 8 décennies d’histoires, de retrouvailles, et de destins croisés au-dessus de l’Atlantique ». L’infrastructure dit prendre acte, « avec une profonde émotion », de « cette page de l’histoire qui se tourne ».
Au-delà de sa portée symbolique, cette disparition s’inscrit dans une réorganisation plus large du réseau parisien d’Air France. Dès octobre 2023, la compagnie avait annoncé qu’elle quitterait Orly en 2026 afin de regrouper ses opérations à Paris-Charles-de-Gaulle. Dans un communiqué cité par Air Journal, Air France expliquait alors que ce mouvement répondait à une « chute structurelle de la demande » sur son activité point-à-point à Orly, dans un contexte marqué par « le développement de la visioconférence, la réduction des déplacements professionnels sur le domestique et le report vers le train ».
Pour les voyageurs guadeloupéens, cette ligne représentait pourtant un repère de longue date dans l’organisation des déplacements vers la région parisienne. Orly a longtemps occupé une place centrale dans les liaisons entre les Antilles et l’Hexagone, notamment pour les voyages familiaux, les retours au pays ou les départs vers l’Hexagone. La fin de cette desserte opérée par Air France met ainsi un terme à un pan entier de la mémoire aérienne locale.
Un transfert vers Roissy présenté comme plus connecté
À compter du 28 mars 2026, les vols Air France à destination et en provenance de Paris sont désormais opérés depuis l’aéroport Paris-Charles-de-Gaulle. L’aéroport Guadeloupe Maryse Condé souligne que ce basculement ouvre « un horizon plus élargi de connections domestiques et internationales ». Ce recentrage est aussi présenté par la compagnie comme un moyen de renforcer l’intégration des liaisons ultramarines à son réseau global.
Air France indiquait ainsi vouloir « faciliter les correspondances internationales et renforcer la connectivité des régions et des territoires d’Outre-mer ». En d’autres termes, la fin de la liaison Orly–Pointe-à-Pitre ne signifie pas un retrait de la compagnie de la desserte guadeloupéenne, mais une modification profonde de son organisation opérationnelle.
La fin d’un repère dans le paysage aérien antillais
Si d’autres compagnies continuent d’exploiter la liaison entre Orly et Pointe-à-Pitre, la sortie d’Air France de cette route change l’équilibre historique du marché. Elle traduit aussi une évolution plus large du groupe Air France-KLM, qui a choisi de recentrer Air France sur son hub de Roissy, tandis que Transavia devient progressivement l’opérateur de référence du groupe à Orly.
Le dernier vol du 27 mars dépasse donc la seule logique commerciale. Il marque la disparition d’une liaison qui, pendant près de 80 ans, a accompagné une partie de l’histoire sociale, familiale et économique de la Guadeloupe.
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