Le tribunal mixte de commerce de Pointe-à-Pitre devait statuer le 2 avril 2026 sur l'avenir d'Air Antilles, compagnie aérienne régionale placée en redressement judiciaire depuis le 2 février. En raison du mouvement de grève nationale des avocats contre la réforme de la justice pénale portée par le garde des Sceaux Gérald Darmanin, l'audience a été renvoyée au 23 avril. Le sort de la compagnie reprise ou liquidation judiciaire reste suspendu pour trois semaines supplémentaires.
Ce nouveau report n'est pas anodin. Il s'inscrit dans une procédure qui dure depuis plusieurs mois, jalonnée de délais successifs, et qui laisse les salariés, les créanciers et les potentiels repreneurs dans une incertitude prolongée. Pour les îles desservies par Air Antilles Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin, Saint-Barth, La Désirade, Marie-Galante, l'immobilisation de la flotte depuis début décembre 2025 a déjà profondément perturbé les liaisons inter-îles.
Une procédure collective engagée depuis février 2026
Air Antilles, compagnie aérienne dont le capital est détenu en majorité par la Collectivité de Saint-Martin, a été placée en redressement judiciaire par le tribunal mixte de commerce de Pointe-à-Pitre le 2 février 2026. La décision est intervenue après plusieurs semaines d'immobilisation au sol de l'ensemble des appareils, faute de trésorerie suffisante pour couvrir les coûts d'exploitation. La procédure a ouvert une période d'observation de six mois, délai légal accordé à l'administrateur judiciaire et à la direction pour identifier une solution de continuité ou de cession.
Un appel à candidatures à la reprise a été lancé dans la foulée. Une seule offre formelle a été déposée, portée par le docteur Pierre Sainte-Luce. Le 5 mars 2026, lors d'une première audience consacrée à l'examen de cette proposition, le tribunal avait accordé un délai supplémentaire au candidat repreneur pour étayer et compléter son dossier. Le 2 avril était fixé comme date butoir absolue : reprise ou liquidation judiciaire. Le report imposé par la grève des avocats décale donc l'échéance au 23 avril.
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