Mercredi 2 septembre 2026, à Cayenne, 21 jeunes de 18 à 25 ans ont signé leur contrat avec le 9e régiment d'infanterie de Marine. Ils forment la première promotion guyanaise du nouveau service national volontaire déployé par les armées. L'objectif initial fixait quarante volontaires pour cette promotion inaugurale. Le dispositif offre un mois de formation militaire initiale, des missions de protection et de soutien, et une rémunération d'environ 800 euros par mois, logés et nourris.
Vingt et un sur quarante.
La première promotion du service national volontaire en Guyane s'est constituée à la moitié de la cible annoncée. Le chiffre dit quelque chose du dispositif à son démarrage : une offre nouvelle, pas encore identifiée par ceux qu'elle vise, dans un territoire où la communication institutionnelle vers la jeunesse peine à toucher son public. Il dit aussi qu'un socle existe. Vingt et un jeunes ont fait la démarche, passé les questionnaires et la visite médicale, et se sont engagés.
Le parcours
Un mois de formation initiale, centré sur les fondamentaux du métier militaire. Elle se déroule dans les unités de Saint-Jean-du-Maroni et sur la base aérienne 367 de Matoury, sous la responsabilité du 9e RIMa. Discipline, cadre collectif, activité physique, apprentissage des règles de sécurité et des procédures de base.
Ensuite les missions. Protection des installations militaires, soutien spécialisé, appui au commandement. Les postes proposés sont accessibles avec ou sans qualification préalable. Ils ne constituent pas un engagement militaire à part entière mais une forme intermédiaire, entre le service civique et l'engagement sous contrat.
La rémunération est d'environ 800 euros mensuels. Logement et nourriture assurés, ce qui place le revenu net disponible bien au-dessus de ce qu'offrent la plupart des dispositifs d'insertion destinés aux jeunes, où les indemnités tournent autour de 600 euros sans hébergement.
Pourquoi cela compte en Guyane
Le taux de chômage guyanais au premier trimestre 2026 s'établit à 19,3 %. Pour les moins de 25 ans, il est nettement supérieur. Une part importante de la jeunesse guyanaise se trouve sans emploi, sans formation, sans perspective structurée à la sortie du système scolaire.
Le service national volontaire s'inscrit dans un paysage de dispositifs qui tentent de répondre à cette réalité : Régiment du service militaire adapté (RSMA) de Guyane, service civique, Garantie jeunes devenue Contrat d'engagement jeune, écoles de la deuxième chance, formations professionnelles de la CTG. Il ne s'y substitue pas. Il ajoute une voie supplémentaire, au contact direct de l'institution militaire, dans un territoire où les armées sont un employeur structurant (9e RIMa, gendarmerie, forces armées en Guyane, Centre spatial guyanais pour la sécurité).
Pour les jeunes qui n'envisagent pas une carrière militaire complète, le dispositif peut servir de sas : découvrir le cadre, acquérir des compétences transposables, obtenir une première expérience valorisable. Pour ceux qui l'envisagent, il est une porte d'entrée vers l'engagement sous contrat.
Un démarrage à consolider
Les armées maintiennent la cible de quarante volontaires pour la promotion. Le recrutement reste ouvert. Les jeunes intéressés peuvent se manifester auprès des unités du 9e RIMa ou via les canaux de recrutement des forces armées en Guyane.
La question, pour les prochains mois, sera celle de la montée en puissance. Si la première promotion se complète et si les premiers volontaires en tirent une expérience positive, le bouche-à-oreille jouera. Dans un territoire où les dispositifs institutionnels se diffusent d'abord par les réseaux familiaux et de quartier, c'est souvent ce canal qui fait la différence.
Cet article vous a plu ?
Inscrivez-vous gratuitement pour recevoir les prochains directement par email.
Pas de publicité, pas de spam, données jamais revendues.

À lire aussi
Mouvement lycéen : cinq établissements fermés en Martinique
oct. 06, 2026
Mobilisation lycéenne : le mouvement s'étend en Guadeloupe
oct. 06, 2026
Guyane : 897 millions d'euros, une grève suspendue, la succession Serville s'ouvre sous tension
oct. 05, 2026