Trois morts en une nuit aux Trois-Îlets et à Rivière-Salée

Trois morts en une nuit aux Trois-Îlets et à Rivière-Salée
Photo d'illustration. DL

Trois personnes ont été retrouvées mortes samedi matin dans le sud de la Martinique, dont deux victimes de tirs. Une quatrième a été grièvement blessée.

Deux fusillades, trois corps, un blessé grave, le tout découvert en quarante minutes. Samedi 31 octobre, entre 5h40 et 6h20, trois personnes ont été retrouvées mortes à Rivière-Salée et aux Trois-Îlets, selon le communiqué diffusé le soir même par la préfecture de la Martinique. Deux d’entre elles avaient été victimes de fusillades, l’une à Rivière-Salée, l’autre à la pointe du Bout. La troisième a été retrouvée dans le secteur de la Pagerie, aux Trois-Îlets : les causes de sa mort étaient alors « en cours d’investigation ». Une quatrième victime, « gravement blessée », a été prise en charge par les sapeurs-pompiers à Rivière-Salée.

L’enquête a été confiée à la gendarmerie nationale, sous l’autorité du procureur de la République de Fort-de-France, « notamment pour déterminer les liens entre ces différents drames ». Le communiqué ne précisait ni l’identité ni l’âge des victimes.

Le trafic d’armes en ligne de mire

Pour le préfet, ces faits illustraient « à nouveau l’ampleur du trafic d’armes en Martinique ». Ses services rappelaient que 197 armes à feu avaient été saisies depuis janvier lors de contrôles sur la voie publique. Deux groupes d’investigation dédiés, l’un en zone gendarmerie, l’autre en zone police, avaient permis l’interpellation de 12 personnes le 13 octobre, placées en détention provisoire dans une affaire de trafic d’armes de marques Glock et Taurus venues des États-Unis via Sainte-Lucie. Depuis février 2025, l’opération « Scotopelia » de contrôle du trait de côte avait abouti à 82 interceptions lors de débarquements illégaux, 90 interpellations et la saisie de plus d’une dizaine d’armes et de 2 000 munitions.

Serge Letchimy interpelle le Gouvernement

Le président du Conseil exécutif de Martinique a réagi le jour même. « La situation exceptionnelle que connaît la Martinique exige des moyens exceptionnels », écrivait-il, réclamant des renforts « massifs et durables » pour les forces d’enquête et de sécurité, des moyens judiciaires renforcés, une surveillance accrue des frontières maritimes et des ports ainsi qu’une coopération intensifiée avec les pays de la Caraïbe. Il rappelait la mobilisation réunie à son initiative le 17 juin avec le préfet, puis la Conférence régionale de sécurité de juillet, tout en estimant que « la sécurité demeure une responsabilité fondamentale de l’État ».

Aux Trois-Îlets, la maire Nathalie Grat indiquait en fin de journée que, faute de disponibilité des sapeurs-pompiers et des services de la CTM, la commune avait mobilisé ses services techniques et sa police municipale pour nettoyer et désinfecter les voies, au rond-point des Pompiers puis à celui de la Pointe du Bout, où des personnes avaient spontanément commencé. La circulation y avait ensuite été rétablie.

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