Entre janvier et août 2026, 2 889 entreprises ont été créées en Guyane. C'est 14,6 % de plus que sur la même période de 2025, et nettement au-dessus de la moyenne des cinq dernières années (2 439). Mais la hausse repose sur un moteur unique : la micro-entreprise. Les sociétés, elles, progressent à peine.
Ces chiffres proviennent de l'Observatoire de la création d'entreprise de Bpifrance, qui traite les données du répertoire Sirene de l'Insee. La fiche d'août a été publiée le 21 septembre.
Les micro-entrepreneurs tirent tout le reste
Sur huit mois, les créations de micro-entreprises augmentent de 23,4 %. Les entreprises individuelles classiques, hors micro-entreprise, sont stables (−0,4 %).
Les sociétés progressent de 6,0 %. Le détail est plus contrasté. Les sociétés à responsabilité limitée (SARL et EURL) augmentent de 8,5 %. Les sociétés par actions simplifiées (SAS et SASU) reculent légèrement (−0,6 %). Elles représentent pourtant l'essentiel des sociétés créées : 79 sur 93 en août.
Le mois d'août illustre ce déséquilibre. Sur 355 créations, 226 sont des micro-entreprises, soit près de deux sur trois. Les sociétés n'en représentent que 93.
Commerce et bâtiment en tête, l'industrie en retrait
Le commerce est le secteur le plus dynamique, avec 16,5 % de créations en plus sur huit mois. Suivent les activités de services (+15,5 %) et la construction (+14,7 %). L'industrie est le seul grand secteur en baisse (−1,9 %).
En août, les plus fortes hausses concernent le transport de voyageurs par taxi (14 créations, contre une seule un an plus tôt), la vente à distance (17 créations) et la restauration rapide (22 créations, +29,4 %).
Plus d’entreprises, plus d’emplois, et un chômage qui ne recule pas
Le dynamisme de la création d'entreprises s'inscrit dans une économie qui embauche. Selon l'Insee, l'emploi salarié privé a progressé de 3,8 % en un an en Guyane au deuxième trimestre 2026, soit 1 580 postes de plus. L'intérim augmente de 10,3 %.
Le chômage, pourtant, ne recule pas. Il atteint 20,4 % au sens du Bureau international du travail (BIT) au deuxième trimestre, contre 17,0 % un an plus tôt. Au niveau national, il est de 8,3 %.
La question de l'informel
La forte hausse des micro-entreprises pose une question que les chiffres ne tranchent pas : celle de la frontière avec l'économie informelle.
En mars 2026, l'Institut d'émission des départements d'outre-mer (IEDOM) a publié une étude sur l'économie non observée en Guyane. Parmi les personnes interrogées ayant travaillé au cours des deux années précédentes, 40,8 % avaient occupé au moins un emploi non déclaré. La plupart de ces travailleurs informels exercent à leur compte, surtout dans les services aux particuliers, le commerce de détail et l'agriculture.
Parmi ses recommandations, l'IEDOM préconise d'accompagner la création d'entreprise et de lever les freins à la formalisation des activités. Les données disponibles ne permettent pas de dire quelle part des nouvelles micro-entreprises correspond à des activités qui existaient déjà sans être déclarées.
Des chiffres encore provisoires
Les données de l'Observatoire sont brutes : elles ne sont pas corrigées des variations saisonnières. Les trois derniers mois publiés peuvent encore être révisés.
Le bilan de septembre permettra de vérifier si la tendance se confirme sur neuf mois, et si les sociétés finissent par suivre le rythme des micro-entreprises.
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