Publié en avril dernier par l’Agence française de développement, l’Observatoire des communes de Guadeloupe 2025 montre que les municipalités de l’archipel présentent le niveau de dépenses de fonctionnement par habitant le plus élevé des DROM. Une situation principalement liée au poids des dépenses de personnel.
Comment se portent les finances des communes guadeloupéennes ? C’est à cette question que répond la dernière édition de l’Observatoire des communes de Guadeloupe, publiée en avril par l’Agence française de développement (AFD). Réalisée à partir des données budgétaires 2024, l’étude dresse un panorama des finances locales et met en évidence une singularité : les communes de Guadeloupe enregistrent les dépenses de fonctionnement les plus élevées parmi l’ensemble des départements et régions d’Outre-mer.
Selon l’AFD, les dépenses réelles de fonctionnement atteignent en moyenne 1 693 euros par habitant en Guadeloupe en 2024. C’est davantage qu’en Martinique (1 671 euros), à La Réunion (1 507 euros), en Guyane (1 406 euros) ou à Mayotte (926 euros). Ce niveau est également supérieur à celui observé dans l’Hexagone.
L’étude précise que ces dépenses correspondent aux charges nécessaires au fonctionnement quotidien des collectivités : rémunération des agents, achats et prestations de services, dépenses d’intervention ou encore charges financières. Elles ont progressé de 3,8 % en un an en Guadeloupe.
Le poids des dépenses de personnel
La principale explication avancée par l’AFD réside dans l’importance des frais de personnel. Ceux-ci atteignent 1 136 euros par habitant en Guadeloupe, soit le niveau le plus élevé parmi les DROM. À titre de comparaison, ils s’élèvent à 1 063 euros en Martinique, 951 euros à La Réunion, 825 euros en Guyane et 604 euros à Mayotte.
Les dépenses de personnel représentent à elles seules 67 % des dépenses de fonctionnement des communes guadeloupéennes. L’AFD rappelle que ces coûts sont influencés par les revalorisations nationales du point d’indice de la fonction publique, les primes exceptionnelles versées ces dernières années mais aussi par les spécificités de rémunération applicables en Outre-mer.
Cette situation se traduit par un niveau élevé de « rigidité » budgétaire. L’indicateur, qui mesure le poids des dépenses difficiles à réduire rapidement, atteint 69 % en Guadeloupe, contre 66 % en Martinique et 65 % à La Réunion. Il s’agit du taux le plus élevé des Outre-mer. « L’ajustement des dépenses ne peut se faire qu’au fil des départs en retraite et des possibilités de réorganisation des services », souligne l’AFD.
Des recettes élevées mais une épargne en recul
Cette forte dépense de fonctionnement s’accompagne toutefois de recettes également importantes. Les communes guadeloupéennes disposent en moyenne de 1 866 euros de recettes de fonctionnement par habitant, soit là encore le niveau le plus élevé des DROM, devant la Martinique (1 859 euros). La fiscalité locale et les concours financiers de l’État représentent à eux seuls 92 % de ces recettes.
Mais l’augmentation des dépenses réduit les marges de manœuvre financières. L’épargne brute, c’est-à-dire la part des recettes restant disponible après paiement des dépenses courantes, est passée de 220 euros à 173 euros par habitant entre 2023 et 2024, soit une baisse de plus de 21 %.
L’AFD note néanmoins que la situation financière globale des communes guadeloupéennes tend à s’améliorer depuis plusieurs années grâce à la réduction progressive de leur endettement. L’encours moyen de dette atteint 717 euros par habitant, contre plus de 870 euros dix ans auparavant.
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