3,3 millions de tonnes traitées, 635 000 passagers, et un repli net sur les conteneurs. Le bilan 2025 du Grand Port Maritime de la Martinique tient en trois chiffres et un paradoxe : la croisière s'envole quand le commerce hésite. Les 28 millions d'euros d'investissement annoncés pour 2026 vont devoir trancher la trajectoire.
Le port de Fort-de-France n'est pas qu'une porte d'entrée logistique. Il est le premier maillon visible des chaînes de valeur martiniquaises banane à l'export, granulats expédiés vers la Guadeloupe, hydrocarbures, biens de consommation à l'import. Sa structure de trafic dit beaucoup de l'état réel de l'économie locale, et de ses dépendances.
Le commerce en léger gain, mais les conteneurs reculent
Le tonnage global progresse de 3 % sur un an, à 3,26 millions de tonnes selon les chiffres présentés par le GPMLM en début d'année. Une hausse qui masque pourtant une recomposition sensible du trafic.
Le vrac tire la croissance : +10 % au global, porté par les hydrocarbures et les engrais. La biomasse se maintient à 154 000 tonnes (+0,4 %). Le roulant voitures, camions débarqués gagne 5 % à 110 000 tonnes, et les importations de véhicules progressent de 4 %. À l'export, la banane confirme sa résilience avec 14 151 conteneurs expédiés (+6 %), pendant que les granulats à destination de la Guadeloupe bondissent de 130 %, soit 117 000 tonnes conséquence directe des chantiers du voisin.
Mais derrière cette dynamique, le compartiment des conteneurs cale : -4 % en tonnage, -2 % en volume. Un signal qui mérite d'être lu avec attention. Les conteneurs portent la consommation des ménages et les biens d'équipement des entreprises. Leur recul colle au repli de l'activité économique martiniquaise documenté par l'INSEE pour 2025, et au climat des affaires en léger fléchissement décrit par l'IEDOM dans sa lettre de mars.
La croisière s'envole, l'inter-îles redescend
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