Dans un rapport définitif encore non public, la chambre régionale des comptes de Martinique évalue la dette de la Collectivité territoriale à 977 millions d'euros. L'exécutif réserve sa réponse détaillée à la plénière du 24 septembre.
La chambre régionale des comptes (CRC) de Martinique qualifie de critique la situation financière de la Collectivité territoriale de Martinique (CTM). Elle le fait dans un rapport d'observations définitives révélé mardi 15 septembre par Outre-mer La 1ère. Adressé début août au président du conseil exécutif, Serge Letchimy, le document n'est pour l'instant pas public. Selon l'AFP, qui a pu le consulter, la dette de la collectivité atteint 977 millions d'euros, en hausse de 28 % depuis 2021. D'après RCI Martinique, reprise par Outremers360, la chambre estime qu'elle pourrait dépasser le milliard d'euros en 2026. Le rapport doit être débattu par les élus de l'Assemblée de Martinique le 24 septembre.
Les délais de paiement se sont eux aussi dégradés, rapporte RCI : ils sont passés de 65 jours en 2021 à 131 jours en 2025, pour un délai réglementaire de 30 jours. Après ses propres corrections, la chambre considère que la capacité d'autofinancement de la CTM devient négative dès 2022.
Des comptes encore peu fiables
Le rapport pointe aussi des faiblesses comptables, dont un écart de 6,99 milliards d'euros entre l'inventaire du patrimoine tenu par la CTM et les écritures du comptable public. Selon RCI, ce décalage traduit un défaut de mise à jour, et non une somme manquante. D'après l'AFP, la juridiction regrette que huit des dix recommandations sur la fiabilité des comptes de son précédent rapport, en 2021, soient restées sans effet. Elle en adresse cette fois quinze à la collectivité. La dette de la CTM envers la Caisse d'allocations familiales s'élevait par ailleurs à 183,2 millions d'euros fin 2024.
L'exécutif dit avoir hérité du déséquilibre
Dans sa réponse annexée au rapport, Serge Letchimy prend acte des conclusions et engage la collectivité à appliquer l'intégralité des quinze recommandations, selon l'AFP. « La mandature en cours n'est pas à l'origine de ce déséquilibre : elle en a hérité », répond-il à la chambre. La CTM conteste toutefois certains calculs, notamment sur l'autofinancement et sur la dette CAF. Selon elle, 122,5 millions d'euros de cette dette figuraient déjà dans ses comptes 2024.
L'exécutif met en avant près de 75 millions d'euros de mesures engagées au 30 juin 2026, pour un effet durable estimé à 26,4 millions. Il admet qu'un deuxième plan de redressement devra être préparé. L'autorisation d'emprunt pour 2026 a été ramenée de 165 à 109,8 millions d'euros.
Dans une réaction transmise le 15 septembre, la CTM affirme que « la situation financière de la collectivité est connue », rapporte ZayActu. Elle rappelle l'avoir présentée avec le budget primitif 2026 et le compte administratif 2025, et ne s'exprimera sur le fond qu'en séance publique, lors de la plénière.
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