Le ministre chargé des Comptes publics David Amiel est en déplacement en Guyane du lundi 3 au mercredi 5 août 2026 pour décliner opérationnellement le plan Douanes 2030 présenté en juillet. Programme : inauguration des nouveaux services douaniers au hub de Dégrad-des-Cannes, démonstration d'un scanner mobile de basse intensité, tournée à l'Ouest guyanais autour du poste de contrôle de Margot et de l'opération Atipa. Annonce structurante : objectif de 100 % de contrôle des conteneurs à Dégrad-des-Cannes, avec un scanner mobile lourd attendu en 2027.
Trois jours de déplacement, un cap opérationnel. David Amiel, ministre chargé des Comptes publics, est en Guyane du lundi 3 au mercredi 5 août 2026. Objectif : décliner sur le terrain les mesures du plan Douanes 2030 annoncé nationalement le 2 juillet 2026 (419 M€ sur cinq ans). La Guyane est identifiée comme l'un des territoires les plus exposés au narcotrafic, avec la Guadeloupe et la Martinique.
Le programme est précis. Lundi 3 août, inauguration à Rémire-Montjoly des nouveaux services douaniers au hub opérationnel de Dégrad-des-Cannes (le port maritime de Guyane). Démonstration d'un scanner mobile de basse intensité conçu pour scanner conteneurs et véhicules sans manipulation manuelle. Rencontre avec les agents des douanes, de la Police aux frontières et de l'Office anti-stupéfiants (OFAST). Mardi 4 août, tournée à l'Ouest guyanais : passage au poste de contrôle routier de Margot (sur la route nationale entre Cayenne et Saint-Laurent-du-Maroni), immersion sur les opérations en cours (opération Atipa, dispositif spécifique de lutte contre l'orpaillage illégal et les flux illicites). Passage par Saint-Laurent et Macouria. Mercredi 5 août, bilan avec les autorités locales et la presse à Cayenne.
L'annonce la plus structurante concerne le port de Dégrad-des-Cannes. Le ministre a fixé un objectif clair : atteindre le 100 % de contrôle des conteneurs entrants. Aujourd'hui, comme dans la plupart des ports français, seuls quelques pour cent des conteneurs sont effectivement contrôlés (échantillonnage, ciblage sur les cargaisons à risque, contrôles renforcés sur signalement). Passer à 100 %, c'est un changement de doctrine.
Comment y parvenir ? Un scanner mobile lourd est annoncé pour 2027, en complément du scanner mobile léger déjà présent. Cet équipement, capable de traiter plusieurs dizaines de conteneurs par heure sans les décharger, doit permettre une industrialisation du contrôle. Des effectifs douaniers renforcés doivent aussi être déployés. Le plan Douanes 2030 prévoit une progression significative des effectifs sur les postes stratégiques ultramarins.
Pour la filière logistique guyanaise (transitaires, importateurs, transporteurs, entreprises portuaires), le 100 % de contrôle change les paramètres opérationnels. Prévisibilité, délais de dédouanement, coûts logistiques : autant de sujets à réévaluer. Certains opérateurs verront leur activité facilitée (moins d'imprévisibilité, procédures plus fluides). D'autres devront s'adapter (délais potentiellement allongés au démarrage, exigences de conformité renforcées).
Pour les importateurs guyanais en général, l'impact indirect est double. D'un côté, un contrôle renforcé réduit la concurrence déloyale des flux illégaux (contrefaçons, marchandises non conformes, produits interdits). De l'autre, les exigences documentaires et déclaratives peuvent monter d'un cran, ce qui suppose de renforcer les procédures internes.
Le sujet plus large est celui de la stratégie territoriale face au narcotrafic. La Guyane est en première ligne. Le port de Dégrad-des-Cannes n'est qu'un maillon d'une chaîne qui inclut l'aéroport Félix-Éboué (avec l'arrivée du scanner à ondes ultrasonores en septembre 2026 pour détecter les boulettes ingérées par les mules), les postes fluviaux (Saint-Laurent, Saint-Georges), les axes routiers (Margot notamment), l'ensemble du littoral. Le plan Antilles-Guyane contre le narcotrafic (14 M€, 74 agents supplémentaires, présenté le 3 juillet à Fort-de-France) et le plan Douanes 2030 (419 M€) se conjuguent pour construire une réponse coordonnée.
Reste que le narcotrafic est une réalité économique de plusieurs milliards d'euros. Les 419 M€ nationaux et les 14 M€ Antilles-Guyane sont modestes rapportés à cette échelle. Ils permettent de renforcer les dispositifs. Ils ne renversent pas mécaniquement la trajectoire. La question de la coopération internationale (Brésil, Suriname, Colombie, Venezuela, États-Unis) reste centrale.
Pour les entrepreneurs guyanais, la visite d'Amiel est aussi un signal politique. La Guyane n'est pas seulement le département le plus vaste et le moins peuplé de France. C'est aussi un territoire identifié comme stratégique par le gouvernement sur le front sécuritaire et douanier. Une présence ministérielle de trois jours n'est pas fréquente : elle marque une attention réelle.
Les prochaines étapes se joueront dans les décrets d'application, les arrêtés opérationnels, la mise à disposition effective des moyens. Les acteurs économiques et les opérateurs de terrain jugeront à l'aune des résultats concrets d'ici la fin d'année.
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