Le Syndicat des compagnies aériennes autonomes (SCARA) conteste le futur contrat de régulation économique (CRE) d'Aéroports de Paris pour 2027-2034. Il estime que les compagnies desservant les Outre-mer, la Corse et les lignes européennes devront financer une part importante des investissements prévus, alors que ceux-ci profiteront principalement au hub de correspondance de Paris-Charles-de-Gaulle.
Le Syndicat des compagnies aériennes autonomes (SCARA) demande à l'État de revoir le projet de contrat de régulation économique (CRE) d'Aéroports de Paris (ADP) pour la période 2027-2034. Ce document fixe, pour huit ans, les investissements que le gestionnaire des aéroports parisiens s'engage à réaliser ainsi que l'évolution des redevances aéroportuaires versées par les compagnies aériennes pour utiliser les infrastructures. Ces redevances constituent un coût d'exploitation qui peut ensuite être répercuté, en tout ou partie, sur le prix des billets.
Le SCARA, qui représente notamment Air Caraïbes, Air Austral, Air Antilles, Air Tahiti, Air Tahiti Nui et Air Saint-Pierre, estime que le projet fait peser une charge excessive sur les compagnies assurant des vols « point à point », c'est-à-dire des liaisons dont Paris est la destination finale, comme la plupart des dessertes entre l'Hexagone et les Outre-mer. À l'inverse, les investissements bénéficieraient principalement au trafic de correspondance organisé autour du hub de Paris-Charles-de-Gaulle.
Une hausse des redevances plus forte pour les liaisons ultramarines
Dans son communiqué, le SCARA reproche à ADP de communiquer sur une hausse moyenne des redevances de 2,1 % par an au-dessus de l'inflation, sans préciser que cette augmentation serait très différente selon les catégories de vols. Selon les calculs du syndicat, les redevances passagers progresseraient, hors inflation, de 34 % pour les lignes domestiques, de 21 % pour les liaisons européennes et ultramarines, mais de seulement 16 % pour les vols internationaux. En tenant compte de l'inflation anticipée, ces augmentations atteindraient respectivement 48 %, 34 % et 28 %.
Pour le SCARA, cette différence s'explique par le fait que les passagers en correspondance bénéficieraient de réductions tarifaires renforcées, tandis que les compagnies opérant des vols point à point supporteraient une plus grande part du financement des investissements.
Le syndicat résume ainsi sa position : « Les dessertes point à point européennes, domestiques et ultramarines paient la priorité donnée au hub de Roissy-CDG. »
Des investissements principalement orientés vers le hub de Roissy
Le désaccord porte également sur la répartition des 8,2 milliards d'euros d'investissements prévus par ADP entre 2027 et 2034. Selon le SCARA, 40 % de cette enveloppe seraient consacrés aux infrastructures dédiées au hub de correspondance de Paris-Charles-de-Gaulle, contre 20 % seulement aux installations utilisées principalement par les vols point à point. Les 40 % restants financeraient des infrastructures communes. Or, le syndicat souligne que les passagers en correspondance ne représentent que 29,5 % du trafic des aéroports parisiens.
Il considère donc que les compagnies desservant les Outre-mer, la Corse et les destinations européennes financeront une part disproportionnée d'investissements dont elles tireront un bénéfice limité. Le SCARA demande ainsi que le projet soit revu avant son adoption définitive. Il plaide pour une évolution des redevances limitée à l'inflation sur les dessertes domestiques, européennes et ultramarines, afin de préserver leur compétitivité. Le syndicat ne chiffre toutefois pas l'impact de ces hausses sur le prix des billets, rappelant que les redevances sont acquittées par les compagnies aériennes, qui restent libres d'en absorber le coût ou de le répercuter, en tout ou partie, dans leurs tarifs.
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