Barrages dispersés, cours à distance, commerces sur leurs gardes : la mobilisation contre la vie chère a repris ce lundi en Martinique, sur fond d’ultimatum du RPPRAC visant le préfet et le président de la CTM.
Ouvrir une « guerre d’usure » : c’est l’ambition affichée par Rodrigue Petitot, président du RPPRAC, pour la mobilisation contre la vie chère qui a repris ce lundi 19 octobre en Martinique. Dans une lettre ouverte datée du 16 octobre, adressée au président de la République, au Premier ministre et à la ministre des Outre-mer, le Rassemblement pour la protection des peuples et des ressources afro-caribéens fixe « deux conditions de reprise du dialogue » : le départ du préfet, Étienne Desplanques, et la démission du président du Conseil exécutif de la CTM, Serge Letchimy.
Le mouvement y dénonce des engagements restés sans effet deux ans après le protocole de lutte contre la vie chère d’octobre 2024, qu’il n’avait pas signé. Il reproche aux services locaux de l’État de renvoyer les dossiers importants vers les ministères parisiens, et à la CTM sa situation financière, les défaillances des transports et l’état des établissements scolaires. Il se dit prêt à négocier directement avec un représentant du gouvernement disposant d’un véritable mandat de décision. À la diffusion de la lettre, ni la préfecture ni la CTM n’avaient réagi publiquement.
Des barrages du sud au centre
Les premiers barrages sont apparus dès dimanche soir à Rivière-Salée, au Lamentin, à Sainte-Luce et au Marin, plusieurs étant retirés dans la nuit par les gendarmes et les pompiers. Lundi matin, la RN5 restait fluide, mais la circulation était bloquée à Fort-de-France, avenue Maurice-Bishop et au quartier Sainte-Thérèse, inaccessible depuis la rocade en raison d’un feu de pneus et de palettes, ainsi qu’au quartier Lourdes à Ducos. Des barrages ont aussi été signalés à Fond-Lahaye, à Schœlcher, et la circulation restait difficile au Lamentin et au Robert. Le site Antilla souligne toutefois que l’attribution directe de ces barrages au RPPRAC n’est pas établie. Martinique Transport annonce de fortes perturbations affectant l’ensemble de son réseau de transport scolaire ce lundi 19 octobre au matin : « Nous demandons aux élèves qui attendent leur transport de regagner leur domicile, en lien avec leurs parents et dans des conditions de sécurité adaptées ».
Écoles et commerces anticipent
À deux jours des vacances scolaires, qui débutent mercredi 21 octobre, plusieurs établissements ont basculé en distanciel lundi et mardi, via l’ENT Colibri ou Pronote : les collèges Paul-Symphor (Robert), Belle-Étoile (Saint-Joseph) et Rose-Saint-Just (Trinité), les lycées professionnels Place-d’Armes (Lamentin) et Jean-Joseph-Dumas (Fort-de-France), ainsi que les lycées Nord-Caraïbe (Bellefontaine) et Joseph-Zobel (Rivière-Salée). Le rectorat n’a décidé aucune fermeture générale.
Dimanche, stations-service et centres commerciaux ont été pris d’assaut par des habitants venus faire le plein et des réserves, tandis que certains commerces ont choisi de fermer préventivement. Aucune pénurie de carburant ou de produits alimentaires n’était toutefois annoncée lundi matin.
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