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Une saison cyclonique moins active en 2026

Une saison cyclonique moins active en 2026
Photo d'illustration. DL

La saison cyclonique de l’Atlantique a débuté le 1er juin et s’achèvera le 30 novembre. Selon Météo-France, l’année 2026 devrait être moins active que la normale, mais pourrait produire une proportion plus importante de cyclones intenses.

La saison cyclonique 2026 est officiellement ouverte depuis le 1er juin dans l’Atlantique Nord, la mer des Caraïbes et le golfe du Mexique. Comme chaque année, les territoires des Antilles suivent avec attention les prévisions des météorologues, alors que cette période concentre les principaux risques de tempêtes tropicales et d’ouragans. Selon les analyses publiées par Météo-France Guadeloupe et Météo-France Martinique, la saison devrait être globalement moins active que la moyenne observée au cours des dernières décennies.

Les différents centres de prévision internationaux tablent en moyenne sur 11 cyclones nommés au cours de la saison, avec une marge d’incertitude de trois phénomènes. Parmi eux, environ cinq pourraient atteindre le stade d’ouragan et deux celui d’ouragan majeur. Ces chiffres restent inférieurs aux normales climatiques calculées sur la période 1991-2020, qui s’établissent entre 14 et 15 cyclones nommés et sept ouragans par saison. Ils sont également bien en dessous de la moyenne des dix dernières années, marquée par une activité particulièrement soutenue.

L’influence d’El Niño sur l’Atlantique

Pour établir leurs prévisions, les climatologues s’appuient sur plusieurs paramètres à grande échelle. Le principal est le phénomène El Niño, qui correspond à un réchauffement des eaux du Pacifique équatorial. Les modèles utilisés par Météo-France convergent vers l’installation progressive de cette configuration au cours des prochains mois.

Concrètement, un épisode El Niño tend à renforcer les vents d’altitude au-dessus du bassin atlantique. Ces vents perturbent la structure des systèmes dépressionnaires naissants et limitent leur développement en cyclones. C’est l’une des raisons pour lesquelles les experts anticipent une activité globale inférieure à la normale cette année.

Toutefois, cette tendance est contrebalancée par un autre facteur : les températures de surface de l’Atlantique demeurent supérieures aux normales de saison. Depuis le début de l’année, elles présentent en moyenne un excédent d’environ 0,4 °C sur l’ensemble du bassin nord-atlantique. Or, les eaux chaudes constituent le principal carburant des cyclones tropicaux.

Moins nombreux, mais potentiellement plus puissants

Cette combinaison entre l’influence d’El Niño et des océans particulièrement chauds conduit les météorologues à un scénario nuancé. Si le nombre total de phénomènes devrait être plus faible, la proportion de cyclones intenses pourrait être plus importante. Autrement dit, une saison peu active n’exclut pas la formation d’ouragans particulièrement destructeurs.

Météo-France souligne d’ailleurs que la situation rappelle celles de 1997 et de 2015. Ces deux saisons avaient enregistré relativement peu de systèmes cycloniques sur l’ensemble du bassin atlantique, mais plusieurs d’entre eux avaient néanmoins affecté directement les Petites Antilles. En 2015, par exemple, la tempête Erika avait provoqué des dégâts catastrophiques dans la région. 

Les prévisionnistes rappellent ainsi que ces estimations concernent l’ensemble du bassin et non un territoire en particulier. Elles ne permettent ni de savoir où se formeront les cyclones ni quels pays ou îles pourraient être touchés. Un seul phénomène suffit à marquer durablement une saison, quelle que soit l’activité globale observée. 

Cette prudence est d’autant plus importante que les prévisions saisonnières ne donnent qu’une tendance générale. Elles permettent d’évaluer le niveau d’activité attendu sur plusieurs mois, mais ne préjugent pas de l’intensité ni de la trajectoire des systèmes qui pourraient menacer les Antilles. Pour cette raison, les consignes de préparation et de vigilance restent les mêmes, que la saison soit annoncée comme calme ou particulièrement active. Les autorités et les services météorologiques invitent ainsi les habitants à vérifier dès maintenant leurs dispositifs de protection et à se tenir informés tout au long de la saison, qui se poursuivra jusqu’au 30 novembre.

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