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PAC 2026 en Guyane : 18 jours pour télédéclarer, deadline 15 mai

PAC 2026 en Guyane : 18 jours pour télédéclarer, deadline 15 mai
Infographie pour le lancement de PAC 2026. Ministère de l'agriculture

Dix-huit jours. C'est ce qu'il reste aux exploitants agricoles guyanais pour déposer leur déclaration de surface 2026 sur Telepac sans pénalité. Le compteur tourne depuis le 1er avril, il s'arrête le 15 mai à minuit. Au-delà, chaque jour ouvré de retard ampute le paiement de 1 %.

La campagne PAC 2026, politique agricole commune européenne, est ouverte depuis le 1er avril. La porte d'entrée unique reste la télédéclaration sur Telepac, qui conditionne l'accès à plusieurs dispositifs cumulables : indemnité compensatoire de handicaps naturels (ICHN), mesures agro-environnementales et climatiques (MAEC), aide à l'agriculture biologique (AB), et surtout, c'est la spécificité ultramarine, le programme POSEI, qui pèse à lui seul environ 8,25 millions d'euros par an pour la Guyane.

Ce qui change pour vous

Premier point dur : la déclaration de surface n'est pas qu'une formalité PAC. C'est aussi une pièce obligatoire pour solliciter le POSEI. Les membres d'une organisation de producteurs bénéficiaires du POSEI sont tenus de télédéclarer, même s'ils n'attendent rien d'autre du dispositif PAC stricto sensu. Sans déclaration, pas d'aide POSEI versée.

Deuxième point : les dispositifs ne suivent pas tous le même calendrier. Pour la déclaration de surface, la date butoir est le 15 mai. Pour les aides au développement et au maintien de l'élevage en outre-mer (ADMCA), c'est le 15 juin. Pour les autres dispositifs nationaux territorialisés, il faut consulter la DAAF Guyane au cas par cas, toutes les aides ne sont pas alignées sur le même calendrier européen.

Toile de fond à connaître : la Commission européenne réfléchit à fondre le POSEI dans les fonds agricoles généraux à l'horizon de la prochaine programmation, sans fléchage spécifique vers les régions ultrapériphériques. Pour 2026, rien ne change. Mais les organisations professionnelles guyanaises et antillaises se mobilisent pour défendre le maintien du dispositif tel qu'il existe, au regard des surcoûts agricoles structurels des DROM.

Combien ça représente

Le POSEI Guyane mobilise environ 8,25 millions d'euros par an, sur une enveloppe française totale d'environ 330 millions d'euros pour les cinq DROM concernés. Le dispositif s'articule en deux volets : le régime spécifique d'approvisionnement (RSA), qui allège le coût des intrants nécessaires aux productions locales, et les mesures en faveur des productions agricoles locales (MFPAL), qui soutiennent la diversification, riziculture de Mana, maraîchage, élevage, fruits exotiques, et désormais cacao Guiana en émergence.

À cela s'ajoute, pour les exploitations en zone défavorisée, la quasi-totalité du territoire guyanais, l'ICHN, qui peut représenter plusieurs milliers d'euros par an pour une exploitation moyenne. Pour les producteurs engagés en bio, l'aide AB s'ajuste à la surface certifiée. Pour les éleveurs, l'ADMCA est l'instrument central, à demander avant le 15 juin.

Les pièges à éviter

Premier piège : les délais. Une déclaration déposée le 18 mai perd 2 % d'aide. Le 25 mai, c'est 6 %. Au-delà du 10 juin, le dossier est considéré comme tardif et l'ensemble des aides est refusé. Le calcul se fait en jours ouvrables, ne pas oublier les week-ends et jours fériés guyanais dans le décompte.

Deuxième piège : la cartographie des parcelles. Beaucoup d'exploitations guyanaises sont sur des terres dont les limites ne sont pas toujours clairement reportées sur le RPG (registre parcellaire graphique). Une discordance entre la déclaration et la photo aérienne peut entraîner un contrôle approfondi, voire une réfaction. La DAAF recommande de vérifier le RPG avant de valider sa déclaration.

Troisième piège : oublier que le POSEI exige la déclaration PAC. Plusieurs exploitants guyanais ne demandent pas d'aide PAC directe et pensent, à tort, qu'ils peuvent s'en dispenser. Les rappels du SEAF (Service de l'économie agricole et forestière) sur ce point sont récurrents.

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