Le marché des obsèques pèse des milliards d'euros. Les contrats d'assurance obsèques se multiplient. Et les dérives s'accumulent. Face à ce constat, le sénateur guadeloupéen Victorin Lurel et deux de ses collègues socialistes ont déposé une proposition de résolution pour créer une commission d'enquête parlementaire. Objectif : faire la lumière sur les pratiques d'un secteur où les familles endeuillées sont souvent les dindons de la farce.
Un marché en pleine expansion
Les chiffres donnent le vertige. En 2023, 205 000 décès ont été couverts par une assurance obsèques en France, soit près d'un tiers des 638 000 décès annuels. Le nombre de contrats en cours dépasse les 5,4 millions, pour un volume de cotisations estimé à 1,8 milliard d'euros.
Un marché juteux, qui attire les convoitises. Depuis l'ouverture à la concurrence dans les années 1990, le secteur funéraire a vu débarquer une armée d'opérateurs privés : banques, compagnies d'assurance, mutuelles, groupes funéraires intégrés.
Pour les sénateurs Victorin Lurel (Guadeloupe), Christophe Chaillou et Marion Canalès, cette libéralisation n'a pas profité aux familles. "Profitant de ce marché en progression constante, de nombreux opérateurs privés sont venus s'insérer sur ce marché de plus en plus lucratif", écrivent-ils dans l'exposé des motifs de leur résolution, déposée le 6 février 2026.
Des pratiques commerciales sous le feu des critiques
Le texte dresse un inventaire inquiétant des dérives constatées dans le secteur :
Contrats opaques : certaines assurances obsèques ne précisent pas clairement qu'elles peuvent ne pas couvrir l'intégralité des frais funéraires. Les familles découvrent au moment du décès que le capital souscrit est insuffisant.
Versement du capital : les modalités de déblocage des fonds restent souvent floues. Entre le décès et le paiement effectif, les délais peuvent s'allonger, plaçant les proches dans l'embarras financier.
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