Vingt ans de procédure, 90% de la population antillaise contaminée, un "scandale sanitaire" reconnu par les juges eux-mêmes et pourtant, un non-lieu. La décision de la Cour d'appel de Paris, reportée au 22 juin 2026, pourrait être la dernière chance d'obtenir un procès. Décryptage d'un mécanisme juridique qui protège l'État.
Le report qui en dit long
La Cour d'appel de Paris devait se prononcer en mars 2026 sur l'appel du non-lieu dans l'affaire du chlordécone. Elle a finalement reporté sa décision au 22 juin.
Trois mois de plus dans une affaire qui dure depuis vingt ans. Pour les parties civiles, associations de victimes, producteurs agricoles, défenseurs de l'environnement, ce nouveau délai ressemble à une énième manœuvre dilatoire. Pour les magistrats, c'est probablement le signe de la complexité d'un dossier où le droit se heurte à l'histoire, et la justice à la raison d'État.
Chlordécone : retour sur un empoisonnement de masse
Un pesticide interdit partout... sauf aux Antilles
Le chlordécone est un insecticide organochloré utilisé pour lutter contre le charançon du bananier. Dès 1976, les États-Unis l'interdisent après la contamination de travailleurs d'une usine de Virginie. En 1979, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) le classe comme "cancérogène possible".
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