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Mouvement lycéen : cinq établissements fermés en Martinique

Mouvement lycéen : cinq établissements fermés en Martinique
Capture d'écran vidéo de l'académie de Martinique. Crédits : Académie de Martinique

Après deux jours de blocages émaillés de violences, l'accueil des élèves est suspendu ces 5 et 6 octobre dans cinq lycées de Fort-de-France et de La Trinité. Les élus appellent au calme, tout en jugeant légitimes les revendications des jeunes.

Cinq lycées portes closes, des cours basculés à distance et un périmètre de 400 mètres interdit à tout rassemblement : la Martinique entame la semaine sous le régime des mesures de prévention. Selon la préfecture, l'accueil en présentiel est suspendu ce lundi 5 et mardi 6 octobre aux lycées Bellevue, Joseph Gaillard et Jean-Joseph Dumas à Fort-de-France, ainsi qu'au lycée Frantz Fanon et au lycée professionnel de La Trinité, avec activation du protocole de continuité pédagogique en distanciel. Un arrêté préfectoral interdit tout rassemblement, manifestation ou cortège aux abords de ces établissements et dans un rayon de 400 mètres. Sur l'ensemble de l'île, la détention et l'utilisation de certains artifices pyrotechniques, ainsi que la vente, l'achat et le transport d'essence par jerrycan, sont aussi interdits pendant ces deux jours, sauf usages professionnels.

Ces mesures font suite aux « troubles à l'ordre public constatés les 1er et 2 octobre en marge des blocages de lycées ». La préfecture fait état de jets de cocktails Molotov, de deux véhicules incendiés, de projectiles lancés contre les forces de l'ordre et du vandalisme de la cité scolaire La Jetée, au François. Quatre policiers ont été blessés et onze personnes interpellées à Fort-de-France et à La Trinité, dont sept mineurs.

Bâti, chaleur, Parcoursup

Sur le fond, élus et syndicats reconnaissent la légitimité de la colère lycéenne. Le maire de Fort-de-France, Didier Laguerre, juge les revendications « fondées et légitimes » : les élèves dénoncent leurs conditions d'apprentissage, l'état du bâti et l'organisation de leur temps scolaire. La FSU Martinique cite de son côté « la chaleur subie dans trop de salles de cours, Parcoursup, le non remplacement des enseignants ». Le rectorat inscrit la mobilisation dans le sillage du mouvement lycéen « qui se manifeste actuellement au niveau national ».

Appels au calme

Serge Letchimy, président du Conseil exécutif de la CTM, collectivité responsable des lycées, estime que « certaines revendications peuvent être légitimes », mais que « la violence et les dégradations ne peuvent être une réponse ». Didier Laguerre annonce le déploiement, dès ce lundi, des équipes de médiation de la Ville autour des établissements. La rectrice Cécile Laloux, qui a entamé le dialogue avec les fédérations de parents d'élèves, doit recevoir « très rapidement » les élèves. Le préfet rappelle enfin que la responsabilité civile des parents des auteurs de dégradations peut être engagée.

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