Après une semaine de mobilisation lycéenne marquée par des heurts, le rectorat impose ce vendredi l’enseignement à distance dans 15 lycées et 4 collèges. La préfecture recense 32 interpellations.
Barricades incendiées, jets de pierres et de bouteilles d’acide, gaz lacrymogènes, gardes à vue de mineurs : la mobilisation lycéenne a franchi un cap en Guadeloupe. Ce vendredi 9 octobre 2026, 15 lycées et 4 collèges de l’archipel assurent leurs cours à distance, sur décision du recteur de région académique, Gabriele Fioni. Dans un communiqué daté du 8 octobre, le rectorat invoque « les différentes scènes de violence constatées » aux abords et dans plusieurs établissements. Sont notamment concernés Baimbridge, Jardin d’Essai, Carnot, Gerville Réache, Faustin Fléret et Sonny Rupaire.
Sur l’ensemble de la semaine, le préfet Thierry Devimeux fait état de 32 interpellations, 20 en zone police et 12 en zone gendarmerie. Invité de RCI ce vendredi matin, il estime que « ces manifestations ont été polluées par des perturbateurs ».
Une semaine de tensions
Au plus fort du mouvement, jusqu’à 35 établissements ont été touchés, selon le préfet. Mardi 6 octobre, le parquet a recensé 12 mineurs de 16 à 17 ans placés en garde à vue pour violences aux abords d’un établissement scolaire et participation à un attroupement violent. Cinq ont été convoqués devant le juge des enfants et cinq devant le délégué du procureur, deux procédures ont été classées sans suite. Au Moule, la vidéo d’une interpellation musclée par des gendarmes a suscité de vives réactions. Jeudi, des jeunes cagoulés ont incendié des palettes et jeté des pierres devant le lycée Faustin-Fléret de Morne-à-l’Eau, où la gendarmerie a utilisé des grenades lacrymogènes. Un arrêté préfectoral autorise jusqu’au 17 octobre l’usage d’un drone dans cinq communes.
Chaleur, sanitaires, emplois du temps
Derrière les débordements, les revendications restent concrètes. D’après les témoignages recueillis par la presse locale, les élèves dénoncent des salles sans climatisation ni ventilation adaptée, des coupures d’eau, des toilettes dégradées et sans papier, des infiltrations et des moisissures dans certaines salles, des installations sportives abîmées, l’attente à la cantine et des journées à rallonge. Aux Antilles, l’AFP relève aussi des critiques contre Parcoursup, jugé pénalisant pour les élèves qui veulent étudier dans l’hexagone. Le préfet lui-même reconnaît que les demandes portent avant tout sur les sanitaires et la chaleur dans les classes.
Un dialogue jusqu’au 23 octobre
Le rectorat a transmis aux élus lycéens le compte rendu du Conseil académique de la vie lycéenne élargi, réuni le 5 octobre. Ils ont jusqu’au 23 octobre pour compléter le tableau de suivi des doléances. La plateforme nationale de concertation compte 109 contributions à ce jour. L’entretien des bâtiments relève de la Région et du Département, tandis que Parcoursup ou les effectifs par classe dépendent de l’échelon national, rappelle le préfet.
Cet article vous a plu ?
Inscrivez-vous gratuitement pour recevoir les prochains directement par email.
Pas de publicité, pas de spam, données jamais revendues.

À lire aussi
Tourisme guyanais : les visiteurs affluent et dépensent plus, mais l'offre d'hébergement et le budget de promotion ne suivent pas
oct. 10, 2026
Premier casino de Guyane : à Cayenne, le pari des 25 millions d'euros dont l'ouverture est fixée au 5 novembre
oct. 09, 2026
Foncier agricole : 869 hectares au cœur d’un bras de fer
oct. 09, 2026