La Guyane en deuil : Gabriel Serville, président de la collectivité territoriale, s'est éteint à 67 ans

La Guyane en deuil : Gabriel Serville, président de la collectivité territoriale, s'est éteint à 67 ans
Gabriel Serville. DR

Le président de la Collectivité territoriale de Guyane est décédé mercredi 30 septembre 2026, à l'âge de 67 ans, trois jours après son anniversaire. Hospitalisé depuis dimanche au CHU Andrée Rosemon de Cayenne, il ne s'était jamais remis d'un cancer de l'estomac qui l'avait éloigné du territoire pendant sept mois.

Hospitalisé dimanche, décédé mercredi

C'est la Collectivité territoriale elle-même qui avait annoncé, dimanche 27 septembre, l'hospitalisation de son président, appelant chacun à faire « preuve de mesure et de sérénité » face aux informations qui circulaient. France-Guyane et Outre-mer La 1ère ont confirmé dans la matinée de mercredi le décès de Gabriel Serville, âgé de 67 ans. Son état de santé était au centre des débats publics depuis novembre 2024, lorsqu'il avait été évacué en urgence en Métropole pour soigner un cancer de l'estomac. De retour en Guyane en juin 2025, se déclarant en rémission, il affirmait alors vouloir « aller jusqu'au bout de son mandat ». Pendant son absence, la présidence avait fonctionné par délégation de fonction confiée au premier vice-président, un régime juridiquement contesté par l'opposition et une section syndicale, mais validé en justice administrative en janvier 2025.

Proviseur, député, maire de Matoury, président : un itinéraire singulier

Né le 27 septembre 1959 à Cayenne, fils d'un immigré saint-lucien et d'une mère de Mana, Gabriel Serville a d'abord été professeur de mathématiques, puis proviseur de lycée professionnel, et musicien de jazz à ses heures. Secrétaire général des Forces démocratiques de Guyane, élu député de la première circonscription en 2012 sur le siège laissé vacant par Christiane Taubira, réélu en 2017, il est aussi maire de Matoury de 2014 à 2017. Il quitte le Parti socialiste guyanais et fonde Péyi Guyane en 2018. À l'Assemblée nationale, il s'est fait l'un des spécialistes des questions ultramarines et a initié en 2020 la commission d'enquête sur l'orpaillage illégal, dossier dont la facture économique se chiffre en centaines de millions d'euros. Le 2 juillet 2021, il est élu président de la CTG par 35 voix sur 55, succédant à Rodolphe Alexandre et installant une majorité de gauche.

Une succession qui engage directement l'économie guyanaise

Au moment de sa mort, Gabriel Serville pilotait les dossiers les plus lourds du territoire. Le budget 2026 était présenté fin novembre 2025 dans un climat tendu, la CTG redoutant un retrait de 30 millions d'euros de l'accord structurel par l'État. La programmation pluriannuelle d'investissements 2027, annoncée à 200 millions d'euros à la rentrée économique du 7 septembre, reste à traduire en chantiers. Et le projet d'évolution statutaire de la Guyane, finalisé localement en avril 2024, attendait toujours sa négociation avec l'exécutif national. L'intérim devrait revenir au premier vice-président Jean-Paul Fereira, déjà dépositaire de la délégation de fonction de 2024, avant l'élection d'un nouveau président par les 55 conseillers de l'Assemblée de Guyane, dont les modalités n'avaient pas encore été officialisées par la CTG au moment de la rédaction de cet article. Aucune réaction officielle de l'État, des parlementaires ou des chambres consulaires n'avait encore été publiée en milieu de journée ce mercredi. Les nouveaux sénateurs Rodolphe Alexandre et Ryan Persaud, qui prennent fonction le 1er octobre, hériteront eux aussi d'un interlocuteur territorial à reconstruire. Pour une collectivité dont la commande publique structure l'essentiel de l'activité économique, la période d'incertitude qui s'ouvre a un coût, et les acteurs économiques le savent.

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