La fréquentation hôtelière guyanaise a progressé de 0,7 % en 2025 selon l'Insee, portée par une clientèle étrangère en forte hausse et par le tourisme de loisir. Derrière cette progression mesurée se dessine une vraie mutation de la destination, à l'heure où le parc hôtelier, lui, s'amenuit. Un paradoxe qui interroge la capacité du territoire à tenir son pari de 250 000 visiteurs à l'horizon 2030.
Une clientèle qui change de visage
L'activité de l'hébergement-restauration a progressé de 3,6 % en 2025, un rythme supérieur à celui de l'ensemble de l'économie guyanaise, selon la synthèse annuelle de l'Insee. Les hôtels ont enregistré 417 800 nuitées sur l'année, en hausse de 0,7 %, pour une durée moyenne de séjour qui se stabilise à 2,1 jours. Ce sont les visiteurs étrangers qui tirent la machine: leurs nuitées bondissent de 25,2 %, à 53 300, soit désormais un peu plus d'une nuitée sur dix. Les Américains progressent de 161,5 %, les Brésiliens de 46,8 %, les clientèles européennes de 12,1 %. En parallèle, le tourisme de loisir s'envole (+18,5 %) tandis que le tourisme d'affaires recule de 7,2 %, sans pour autant perdre sa position de premier motif de séjour, avec 64 % des nuitées.
Une offre qui s'érode pendant que la demande s'internationalise
Le contraste est frappant. Alors que la fréquentation monte, l'offre hôtelière diminue d'1 %, ce qui pousse le taux d'occupation en haut de 1,8 point, à près de cinq chambres occupées sur dix proposées. Au 1er janvier 2026, la Guyane compterait 32 hôtels de tourisme pour 1 663 chambres (chiffres rapportés par un seul média, à confirmer auprès de l'Insee). La porte d'entrée du territoire, l'aéroport Cayenne Félix-Éboué, a traité 526 900 passagers en 2025, tous trafics confondus, soit 6,0 % de plus qu'en 2024. Seule note en retrait: la croisière, avec 8 300 croisiéristes accueillis, contre 9 200 l'année précédente, aux îles du Salut et au port de Dégrad-des-Cannes.
160 millions d'euros de retombées, et un enjeu de formation
Selon le bilan de l'Observatoire du tourisme présenté le 24 février 2026, la Guyane a accueilli 167 035 visiteurs en 2025, dont 92 229 visiteurs extérieurs (+7,5 %) et 66 500 touristes endogènes. Les retombées économiques du secteur atteignent 160,6 millions d'euros, en hausse de 7,1 %, avec un taux de satisfaction de 98,7 %. "Le tourisme d'agrément injecte davantage d'argent dans les petites structures locales que le tourisme professionnel", soulignait Jean-Luk Le West, président du Comité du tourisme de la Guyane. C'est dans ce contexte qu'un forum des métiers de l'hôtellerie, de la restauration et du tourisme s'est tenu le 23 septembre à Matoury (information rapportée par un seul média). Le secteur pèse 2 400 emplois salariés à fin 2025 (+4,7 %), et le lycée Melkior-Garré y forme près de 300 élèves, du CAP au BTS (même source unique). Côté collectivité, le Fonds d'Investissement Territorial, doté de 10 millions d'euros, doit voir le jour fin octobre 2026, et une nouvelle rencontre avec les socioprofessionnels est prévue d'ici cette échéance pour déterminer les filières prioritaires. Autant de leviers pour convertir l'appétit des voyageurs en capacité d'accueil réelle.
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