Décédé le 30 septembre, Gabriel Serville laisse la tête de la Collectivité territoriale de Guyane à son premier vice-président, Jean-Paul Fereira, pour un intérim de trente jours. Avant l'élection d'un nouveau président, envisagée le 30 octobre, la collectivité doit tenir un budget de 897,3 millions d'euros, lancer une programmation d'investissements de 200 millions et digérer la suspension, annoncée samedi, d'une grève générale à la CTG.Un intérim de trente jours, puis un scrutin à bulletin secret.
Jean-Paul Fereira assure d'office l'intérim, précise Outre-mer La 1ère (2 octobre). Premier vice-président depuis 2021, chargé du développement durable et de la transition énergétique, ancien maire d'Awala-Yalimapo de 2001 à mars 2026, il dirige une collectivité où les affaires courantes, entre deux sessions plénières, restent du ressort de la commission permanente, organe exécutif composé des vice-présidents et de conseillers territoriaux, avec une représentation proportionnelle de l'opposition. L'élection du successeur de Gabriel Serville reviendra aux 55 conseillers de l'assemblée de Guyane : deux tours à la majorité absolue, un éventuel troisième à la majorité relative, toujours au scrutin secret. La date du 30 octobre reste à ce stade une date envisagée, non confirmée par communiqué officiel. Un hommage public est prévu le 9 octobre et les obsèques le 10 octobre au Progt, selon la même source. Gabriel Serville avait été élu en 2021 dès le premier tour avec 35 voix sur 55, après une victoire territoriale de 54,83 % obtenue en alliance avec Jean-Paul Fereira et Jessi Américain.
Un budget de 897,3 millions sous surveillance de Paris
Le budget primitif 2026, voté le 18 décembre 2025, s'élève à 897,3 millions d'euros, dont 618,3 millions pour le fonctionnement et 279 millions pour l'investissement, selon la CTG. Cette architecture financière reste fragilisée par la menace d'un retrait de 30 millions d'euros sur l'accord structurel de l'État, brandie dès novembre 2025 et rappelée par la presse locale lors du décès du président. S'y ajoutent la programmation pluriannuelle d'investissements 2027, annoncée à 200 millions d'euros lors de la rentrée économique du 7 septembre, et le projet d'évolution statutaire, finalisé localement en avril 2024, toujours en attente de négociation avec l'exécutif national.
Autant de dossiers qui exigent un pilotage politique complet : le vote du budget, des budgets supplémentaires et l'attribution des subventions relèvent de l'assemblée élue, rappelle le cadre juridique de la collectivité (code général des collectivités territoriales, livre VII, titre VII). La commande publique de la CTG structurant l'essentiel de l'activité économique guyanaise, une période d'intérim prolongée a un coût direct pour les entreprises du territoire, bureaux d'études, BTP et services en tête. Côté institutionnel, les deux nouveaux sénateurs Rodolphe Alexandre et Ryan Persaud ont pris leurs fonctions le 1er octobre, héritant d'un interlocuteur territorial en pleine reconstruction.
L'UTG suspend sa grève générale à la veille du deuil
C'est le signe social du week-end, confirmé par un seul média à ce stade (France-Guyane, 3 octobre) : l'UTG a suspendu la grève générale illimitée qui devait démarrer le 12 octobre au sein de la collectivité.
Le conflit n'est pas neuf : en décembre 2025, l'UTG dénonçait déjà le non-remplacement des départs à la retraite (trois sur quatre, soit près de 600 postes menacés sur cinq ans et plus de 20 % de l'effectif, selon ses propres calculs), l'usage du logiciel de badgeage Kélio assorti de retraits de RTT, et l'absence de revalorisation des primes, les réformes appliquées depuis 2023 ayant allongé le temps de travail d'environ 40 heures par an sans compensation, toujours selon le syndicat.
Un premier accord était intervenu le 12 janvier 2026. Entre le dépôt d'un nouveau préavis illimité et sa suspension en pleine période de deuil, le rapport de force attend désormais un interlocuteur pérenne : c'est le futur président, quel qu'il soit, qui devra signer la suite.
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