Une étude publiée en ce mois de mars 2026 par l’ADEME examine la possibilité pour la Guadeloupe d’atteindre un système électrique largement autonome et fondé sur les énergies renouvelables à l’horizon 2050.
En 2023, environ 65 % de l’électricité produite en Guadeloupe provenait de combustibles fossiles, principalement du fioul et du charbon. Le reste était issu des énergies renouvelables : solaire photovoltaïque, éolien, hydraulique, géothermie et biomasse. « Depuis 2025, un tournant important a toutefois été franchi avec la conversion à la biomasse de la dernière centrale charbon. La part des énergies fossiles est ainsi désormais estimée autour de 50 %. En clair : la transition est engagée, mais elle reste incomplète » constate l’ADEME. Une dépendance aux importations qui expose le territoire aux fluctuations des prix internationaux tout en générant des émissions élevées de gaz à effet de serre. « La loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte fixe aux Zones Non Interconnectées (c’est-à-dire aux territoires insulaires non reliés au réseau continental) un objectif d’autonomie énergétique. Pour la plupart d’entre elles, l’échéance est 2030 ; pour la Corse, 2050 » rappelle l’ADEME.
Dans une étude publiée en mars 2026, l’Agence de la transition écologique analyse les conditions permettant au territoire de disposer d’un système électrique majoritairement renouvelable à l’horizon 2050. « Notre rôle n’est pas de remplacer les documents de planification comme la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE), mais d’éclairer les décideurs sur ce que signifie et ce qu’implique concrètement un système électrique autonome et 100 % renouvelable en 2050 » explique Yvonnick Durand, coordinateur transition énergétique des ZNI à l’ADEME.
Cette étude s’inscrit dans la réflexion engagée sur l’évolution du mix énergétique de l’archipel. L’ADEME indique que « les potentiels d’énergies renouvelables disponibles en Guadeloupe permettent d’atteindre un niveau d’autonomie très élevé ». L’agence précise que cette perspective repose sur « une forte mobilisation des ressources locales » et sur « une transformation progressive du système énergétique ».
Selon l’organisme public, plusieurs sources d’énergie pourraient contribuer à cet objectif. L’étude souligne que « la Guadeloupe dispose de nombreux atouts pour développer les énergies renouvelables », citant notamment « le solaire, l’éolien, la géothermie, la biomasse et les énergies marines ».
Le développement de ces différentes filières permettrait de réduire fortement la dépendance du territoire aux énergies fossiles. L’ADEME rappelle que « le système électrique guadeloupéen repose aujourd’hui encore largement sur des ressources importées ». Dans ce contexte, l’agence estime que la transition énergétique constitue « un levier majeur pour renforcer l’autonomie énergétique du territoire ».
Quatre scénarios pour transformer le système électrique
L’étude s’appuie sur une consommation d’électricité projetée autour de 2,4 à 2,6 TWh par an à l’horizon 2050, selon les hypothèses retenues. À partir de cette base, l’ADEME a élaboré quatre scénarios prospectifs visant soit un système « 100 % renouvelable », soit une autonomie énergétique complète, afin d’évaluer les différentes trajectoires possibles pour le territoire.
Le premier scénario vise « 100 % d’électricité renouvelable en mobilisant uniquement les potentiels les plus favorables, et en autorisant l’importation de biomasse ou de biocarburants ». Dans cette configuration, la production reposerait principalement sur le solaire photovoltaïque, l’éolien, la géothermie et la biomasse, complétés par des importations de ressources énergétiques renouvelables. L’étude évoque notamment plusieurs centaines de mégawatts de capacité solaire installée ainsi qu’un recours au stockage de l’électricité pour assurer l’équilibre du réseau.
Le deuxième scénario poursuit le même objectif de production 100 % renouvelable, mais avec une mobilisation plus large des ressources locales. L’étude précise qu’il s’agit d’atteindre « 100 % renouvelable, mais en élargissant les potentiels mobilisables », ce qui implique le développement de davantage d’installations solaires et éoliennes, mais aussi un recours plus important à la biomasse et aux énergies marines. Cette option suppose également un renforcement significatif des infrastructures de stockage et de pilotage du réseau.
Un troisième scénario explore la possibilité d’une autonomie électrique complète reposant uniquement sur les ressources locales. L’étude indique qu’il s’agit d’« explorer l’autonomie électrique fondée exclusivement sur des ressources locales ». Dans ce cas, la production devrait couvrir l’ensemble des besoins sans importation d’énergie, ce qui implique un déploiement plus important des installations renouvelables et des capacités de stockage afin d’assurer la continuité de l’approvisionnement.
Enfin, le quatrième scénario envisage une autonomie totale en mobilisant l’ensemble des potentiels disponibles sur le territoire. Il « vise l’autonomie électrique totale en mobilisant l’ensemble des potentiels nécessaires », ce qui suppose un développement massif des différentes filières renouvelables, notamment le solaire, l’éolien, la géothermie et la biomasse, ainsi qu’un système énergétique fortement appuyé sur le stockage de l’électricité et la gestion de la demande.
Selon l’ADEME, ces scénarios montrent que la Guadeloupe dispose de ressources suffisantes pour transformer en profondeur son système électrique. L’étude souligne ainsi que « les potentiels d’énergies renouvelables disponibles en Guadeloupe permettent d’atteindre un niveau d’autonomie très élevé », tout en mettant en évidence les investissements et les transformations nécessaires pour atteindre cet objectif d’ici 2050.
L’agence estime enfin que la transition énergétique pourrait présenter plusieurs bénéfices pour le territoire. Elle rappelle que « le développement des énergies renouvelables locales permettrait de réduire la dépendance énergétique tout en contribuant à la lutte contre le changement climatique ».
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