Depuis mercredi 14 octobre, le collectif Nou Las Palé paralyse plusieurs axes de la Guadeloupe, à commencer par la zone de Jarry. Ce jeudi matin, la circulation y restait très perturbée.
« On en a marre et, des fois, on est obligé, c’est la manière forte » : c’est ainsi qu’un membre du collectif Nou Las Palé, interrogé par RCI, justifiait mercredi 14 octobre les barrages dressés à l’aube en Guadeloupe. Ce jeudi 15 octobre au matin, selon Guadeloupe La 1ère, la circulation restait très perturbée dans la zone industrielle et commerciale de Jarry, à Baie-Mahault, où des militants sont postés depuis la nuit sur des points de blocage, tandis que d’autres barrages étaient signalés.
Le nom du collectif résume sa démarche : en créole guadeloupéen, « Nou las palé » signifie « nous sommes las de parler ». Mercredi, ses membres ont bloqué plusieurs axes de l’archipel, notamment à Jarry, Sainte-Anne, Sainte-Rose et Capesterre-Belle-Eau, rapporte Guadeloupe La 1ère. RCI fait état de tuf et de gravats déversés sur plusieurs ronds-points, rendant Jarry quasiment inaccessible.
Carburant, eau et emplois
Les revendications avaient été exposées le 1er octobre lors d’un meeting sur le parking du vélodrome de Gourde-Liane, à Baie-Mahault : le prix du carburant, l’accès à l’eau potable, la disparition des entreprises et des emplois, ainsi que les menaces pesant sur l’avenir économique et social de la Guadeloupe. Le collectif y conviait entrepreneurs, salariés, artisans, commerçants, agriculteurs, pêcheurs, jeunes, chômeurs et retraités. Pour le militant interrogé par RCI, ces revendications sont connues de tous et le temps de la discussion est révolu.
91 gendarmes mobilisés
Mercredi, la préfecture a engagé 91 gendarmes pour rétablir l’accès à Jarry. Dans un communiqué, elle indiquait qu’un point de blocage avait été levé et que des entreprises avaient été réquisitionnées pour retirer gravats et obstacles, l’opération s’étant déroulée « dans le calme sans faire de blessé ». Le préfet y rappelle que les auteurs d’infractions pénales s’exposent à des poursuites. Selon Guadeloupe La 1ère, Thierry Devimeux refuse de recevoir le collectif, condamne ses méthodes et privilégie le dialogue avec les organisations représentatives.
Côté patronal, Guadeloupe Économique « condamne avec la plus grande fermeté » ces blocages, estimant que les TPE, les PME et leurs salariés en sont les premières victimes. Le groupement réclame la levée immédiate des barrages et salue l’intervention des forces de l’ordre. Il relève aussi que plusieurs accès à Jarry ont été bloqués par des représentants de la Fédération du BTP de Guadeloupe : s’il dit soutenir leurs revendications sur les délais de paiement, il juge inacceptable le blocage de la principale zone économique de l’archipel.
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